LA VOIE DES AMALGAMES. VOIE HUMIDE OU MIXTE ?
Tous les alchimistes expérimentés savent que la voie de Philalèthe, tout comme celle de Flamel sont une voie des amalgames, mais si vous lisez soigneusement LEntrée Ouverte au Palais Fermé du Roi et La Moelle de l'Alchimie du même auteur peut-être en aurez vous alors une idée complètement différente.
Le Moelle de l'Alchimie:
« Certains utilisèrent les Colombes de Diane pour préparer de leau, fastidieux labeur, et pour le découvrir correctement, un artiste rare peut se tromper deux fois dans chaque ; lautre méthode, somme toute secrète, nous la recommandons à tous ceux qui ont lintention dêtre des artistes. »
« Car quand la bête sapprocha de la source, comme effrayées, les eaux se retirèrent ; laide de Vulcain ny fit rien. Alors apparurent les Colombes de Diane parées brillamment. Lair sapaisa avec leurs ailles pures et argentées, dans lesquelles le dragon perdit son mordant. »
L'Entrée Ouverte au Palais Fermé du Roi:
Chapitre VI.
« IV. Ce larron est un vaurien, armé d'une malignité arsenicale, que le jeune homme ailé abhorre et fuit. Et quoique l'eau centrale soit sa fiancée, il n'ose montrer l'amour si ardent qu'il éprouve pour elle, à cause des embûches du larron dont les ruses sont presque inévitables. Que Diane ici soit propice, qui sait dompter les bêtes sauvages et dont les deux colombes (qui ont été trouvées volant sans ailes dans les bois de la Nymphe Vénus) tempéreront de leurs plumes la malignité de l'air; parce que le jeune homme entre aisément par les pores, ébranle aussitôt les eaux polaires supérieures, qui n'ont pas été étonnées par les mauvaises odeurs, et il suscite une nuée noire: Tu y verseras des eaux, jusqu'à ce qu'apparaisse la blancheur de la Lune. Ainsi les ténèbres qui étaient sur la face de l'abîme seront elles dissipées par l'esprit se mouvant sur les eaux. »
Chapitre X.
« II. C'est grâce à ce soufre que notre Mercure est Hermaphrodite, c'est-à-dire qu'à partir du même degré visible de digestion il contient en même temps un principe actif et un principe passif. Et s'il est joint avec le Soleil, il le ramollit, le liquéfie et le dissout par la chaleur tempérée qu'exige le composé ; par le même feu il se coagule lui-même, et sa coagulation produit le Soleil et la Lune au gré de l'artiste. »
« III. Ceci te paraîtra peut-être incroyable, mais il est vrai que le Mercure Homogène, pur et net, grossi d'un soufre interne par notre artifice, se coagule soi-même sous la seule action d'une chaleur externe adéquate. Cette coagulation se fait en forme de crème de lait comme une terre subtile nageant sur les eaux. Mais quand on l'unit au Soleil, non seulement il ne se coagule pas, mais étant ainsi composé il prend de jour en jour un aspect mou jusqu'à ce que, les corps étant bien dissous, les esprits commencent à se coaguler en prenant une couleur très noire et dégageant une odeur extrêmement fétide. »
Chapitre XI.
« IX. Alors, cherchant plus loin ce soufre actif, les mages le trouvèrent profondément caché dans la maison d'Ariès. L'enfant de Saturne l'a accueilli avec avidité, étant elle-même une matière métallique très pure, très tendre et très proche du premier être des métaux, complètement dépourvue de soufre actuel mais capable de recevoir le soufre. C'est pourquoi elle l'attire à elle comme un aimant, l'absorbe et le cache dans ses entrailles. Et le Tout-Puissant, pour parachever cet ouvrage, lui imprime son sceau royal. »
« X. C'est pourquoi ils essayèrent de tempérer cette malignité de l'air par les colombes de Diane, et ils y réussirent. Alors ils ont mêlé la vie avec la vie, ils ont humecté la sèche par le liquide, aiguisé la passive par l'active et vivifié la morte par la vie. Ainsi le ciel a-t-il été nuages pour un temps; mais après des pluies abondantes, il a retrouvé sa sérénité. »
« XI. De là sortit un Mercure Hermaphrodite. Ils le mirent sur le feu et le coagulèrent en peu de temps ; dans sa coagulation ils trouvèrent le Soleil et la Lune. »
« XII. Enfin ces sages, revenus à eux-mêmes, remarquèrent que le Mercure ainsi purifié et non encore coagulé n'était pas encore un métal, mais qu'il était assez volatil pour ne laisser aucun dépôt au fond du vaisseau, dans sa distillation. C'est pourquoi ils l'ont appelé leur Soleil qui n'est pas mûr et leur Lune vive. »
« XIV. C'est ce qui les porta à marier ces deux corps; ils les enfermèrent dans un verre qu'il mirent sur le feu, et menèrent l'ouvrage, comme la nature l'exigeait, pendant une longue période. Ainsi fut vivifié le mort et mourut le vivant, le corps se putréfia, l'esprit s'éleva glorieux, et l'âme fut exaltée en une quintessence, médecine souveraine pour les animaux, les métaux et les végétaux. »
À notre avis le secret de cette version humide de Philalèthe sont les colombes de Diane. Que représentent donc, ces fameuses colombes de Diane ?
Dans la voie des amalgames elles sont lélément résiduel (caput) de la distillation (de la Lune et de Vénus) pour animer le Mercure Philosophique mais pas ici, pourquoi ?
Elles sont la « clef » (le secret) la partie la plus difficile de la version humide de cette voie comme le Maître le dit.
Portez votre attention sur cet extrait de texte : « Ainsi le ciel a-t-il été nuages pour un temps; mais après des pluies abondantes, il retrouvé sa sérénité. »
Dans la voie des amalgames il ny a pas de nuages ni de pluies abondantes. Cest une caractéristique de la voie humide. Si le régule Solaire amalgamé avec le Mercure est placé hermétiquement dans un matras en verre avec deux sels (les deux colombes) dans un four sur un bain de sable, il y a une violente réaction chimique qui dissout la composition, ce qui provoque des nuages (donc le ciel sera temporairement nuageux) et de la pluie. Nos anciens alchimistes avaient une bonne connaisance de cette opération qui a été décrite dans la seconde clef de Basile Valentin.
Lorsque cette violente réaction chimique est commencée il nest pas dans lopportunité de cette voie de larrêter, et à ceux qui veulent essayer cette opération après avoir eu connaissance des matières et du modus operandi, nous recommandons une grande prudence. Car si les matras utilisés ne sont pas suffisamment grands et forts ils peuvent éclater.
De cette manière, le Mercure sera rendu Hermaphrodite car il a dans son ventre Mars et le Soufre du Soleil de plus il nest plus un métal. Il peut être coagulé « per se » et faire ainsi l'uvre ou bien distillé et ensuite cuit avec le Soleil. Car comme Philalèthe dit «où lor peut-être semé.»
Tout ceci nous incite à supposer que cette opération alchimique correspond aussi par ses caractéristiques à la voie humide dArtéphius.
Rubellus Petrinus