LA MOELLE D'ALCHIMIE

Traduction et transcription de l’Anglais P.S.P.

LIVRE SECOND

Le Secret de notre Mercure ardent, tant caché par tous les Anciens, je l'ai déjà largement révélé, et un Œil exercé y trouvera plus de compétence ou d'Art révélé ; et je n'en découvrais point la pratique, par conséquent soyez sûr de la bien considérer avec bon entendement, auparavant que de passer outre.

Prenez alors notre Mercure (qui est notre Lune) et faites lui épouser son Fils Terrestre, (ainsi l'Homme et la Femme sont joints) ajoutez-leur l'Esprit revivifiant, cela étant fait vous devrez bientôt découvrir un noble Courageux, car vous avez correctement suivi les nobles Lois de la Nature. Mais pour être plus précis, prenez une part de l'Homme Rouge, et de la Femme Blanche trois parts, qui se mélangent ensembles (c'est une bonne proportion), à ceci ajoutez quatre parts d'Eau ; ce mélange est appelé notre Plomb, qui sera mis en mouvement par un feu doux que vous devez accroître jusqu'à ce qu'il transpire. Autrement, s'il vous plaît, observez cette proportion, prenez une part du Soleil, et deux de la Lune, auxquels vous ajoutez quatre parts d'Eau, qui font un nombre parfait : et ils éprouveront un joyeux repos et le lien de l'Amour.

Alors Laton apparaît rouge, et ne sert encore à rien dans notre œuvre tant qu'il n'a pas été blanchi, et dont le centre renferme un Esprit caché, qui n'apparaît pas tant qu'il n'est pas joint à notre Mercure, et ce Mercure est un corps tendre, l'Epouse du Soleil, duquel il à été doucement séparé.

Votre œuvre commence avec une Trinité, de laquelle le Corps et le Corps sont premièrement joint, puis tous deux sont mêlés à l'Esprit ; nous appelons ceux-ci le Soleil, la Lune, et l'Eau, qui sont un en espèce, bien que trois en Nombre ; quoiqu'en fait deux, car le Soleil est caché, et ne montre pas sa clarté. Deux corps donc combinés, que nous appelons souvent notre Plomb, notre Laiton, et notre Hermaphrodite, étant rouges à l'intérieur, mais apparaissant à la vue Saturnins, blancs et volatils, dont les Natures bien que séparables, sont par notre Art rendue inséparable.

C'est la merveille de notre Œuvre secrète, ce qui est parfait, nous le faisons rétrograder, attendant longtemps avec patience, jusqu'à ce que l'Eau se congèle, puis cela étant fait, nous sublimons, exaltons, et fixons en poussière cette Quintessence, que nous devons par la suite ressusciter et circuler si souvent, jusqu'à ce que la Nature la porte sur ses plus hauts sommets, ajoutant toujours de la Matière fraîche, au fur et à mesure qu'elle en à besoin, et la forçant à passer par les ombres de la Nuit, nous la décoctons doucement, jusqu'à ce que l'Aurore fasse apparaître les brillants rayons de Phoebus.

Ainsi le parfait est amendé par l'imparfait, et tous deux ensemble sont fait transcendant en vertu ; Puis par l'Aide de l'Art assistant la Nature, elle est rendue capable seule, de dépasser sa propre Œuvre, ce qui est un signe qui réjouira l'Artiste laborieux, et lui fera oublier tous son labeur et ses peines.

Par conséquent voici la pratique : Prenez une Once de Soleil, et de l'Aimant Trois, cela fait un Corps de quatre Onces, auquel vous ajoutez quatre Onces d'Eau, et que ceci soit ordonné de la manière suivante ; Que les riches Robes du Soleil soient premièrement blanchies par l'humidité de la Lune, ce qui doit être fait par un Feu modéré ; la jeune Fille devra alors apparaître Saturnine à la vue, et fluante au feu comme le Plomb, alors ajouter la quantité voulue de Mercure Vierge, ainsi le Corps est rouge, fixe, et solide dans le centre caché, bien qu'à la vue il apparaisse blanc, tendre et volatile.

Ceci étant fait ayez prêt une Fiole de Verre forme Ovale ou Ronde, dans laquelle vous mettrez la matière, prenez soin de bien fermer le col avec le Sceau d'Hermès, pour que les Esprits enfermés ne puissent s'échapper, et que l'Air extérieur ne puisse entrer. Que le Matras soit de telle proportion qu'il puisse contenir au moins quatre fois la quantité que vous y mettez, de façon qu'il y ait suffisamment d'espace pour recevoir la Rosée qui s'élève, et qui retombant de nouveau, et ceci par une longue rotation continue dispose le Corps à la Solution, le faisant pourrir et mourir, puis après ressusciter, et devenant tous deux joint pat une véritable union. Mais d'un autre côté prenez garde que la Fiole ne soit trop grande, autrement le Sperme de la Femelle serait trop dispersé, et à cause de cela ne retournerait pas ou retournerait mal à son Mâle, ou Terre fixe, et par conséquent votre œuvre serai gâchée ; par conséquent que la Fiole soit proportionnée à la quantité de Matière comme susdit.

Par conséquent un quart d'Once de l'Or le plus pur peut servir à notre Œuvre, ou une Dragme peut suffire pour un essai si vous observez les dues proportions, le Soleil est la huitième partie de tout le composé, dont le prix n'est pas si élevé qu'un pauvre homme ne puisse en supporter la dépense, à moins que l'œuvre n'échoue ; par conséquent suivez les Règles suivantes : pour une part de l'Homme il vous faut trois parts de la Femme, puis vous devez prendre quatre part d'Eau pour égaler la Terre ; mais si vous prenez une de l'Homme et deux de la Femme et leurs ajoutez quatre parts d'Eau, alors l'eau sera d'une part supérieure à la Terre comme il apparaît clairement dans Riplée.

Il nous faut maintenant dévoiler le Secret de nos quatre Feux, qui ont trompés beaucoup, dont les Sages tenant la curieuse plume de Maître habile conviennent de la Doctrine, j'en parlerais maintenant avec sincérité, et par conséquent cher Lecteur prêtez attention à ce que je vais maintenant dévoiler. Premièrement considérez bien et pesez bien en votre Esprit la Raison de tous nos Travaux, et leurs Causes ; par ce moyen vous pourrez être amené à comprendre ce qui a confondu et égaré beaucoup ; et je vais vous aider autant que la Raison puisse permettre, et ainsi vous pourrez témoigner de ma sincérité.

Nos Feux sont ces blocks sur lesquels l'ignorant trébuche fatalement ; Et les Auteurs en ont écrit de manière si mystérieuse, qu'il est peu probable qu'aucun Homme y puisse trouver un guide suffisant pour ce qu'il doit chercher : pas étonnant alors que celui qui connaît nos Feux puisse prétendre à une place de Maître. Car le Feu en notre Art est utilisé Homonymement, et c'est pour cela que beaucoup errent à cet endroit ; quelquefois cela signifie notre Eau, qui est d'un espèce très proche de notre Laton ; quelquefois cela qualifie le Corps parfait, et quelquefois le Soufre de notre Composé qui flotte sur l'Eau est appelé Feu, qui en notre œuvre est double, le premier est parfait et le produit de la Nature que ce Traité montre pleinement comment trouver : l'autre par lequel beaucoup de chercheur ont été dérouté est inclus en notre Eau. De plus notre Eau est triple, et tout ceux-ci ont tellement de dénominations variées de Feu, que celui qui entreprendra cet Œuvre sans bon jugement et attention, dépensera sûrement son argent et son temps en vain : par conséquent si vous me suivez, je serai pour vous un véritable et sincère guide.

Certains jugent de manière erronée, et par conséquent ordonnent leur Œuvre en la façon que le Feu culinaire n'y a aucune place, ils supposent que celui-ci est appliqué en vain, et que par conséquent ceux qui l'utilisent sont heureux de s'honorer du nom de Vulgaires Sophisticateurs, les tournant en dérision ainsi que leurs Œuvres : Car disent-ils, les auteurs signifient de manière incontestée, que notre Feu est Magique, et non point culinaire, et par conséquent celui qui utilisera le Feu Elémentaire ne touchera pas au but, et partant de cela ne sachant pas ce qu'ils cherchent ils recherchent un Feu grossier.

Il est vrai en vérité que la nature du Feu est le Soufre qui est caché dans le Centre, et qu'il fait évoluer l'Œuvre d'étapes en étapes ; et c'est cela que les Auteurs avisent l'artiste consciencieux d'améliorer par tous les moyens ; c'est cette chaleur cachée, qui ouvre invisiblement, et qui ne se voit pas. Mais il est cependant vrai, que la chaleur intérieure est activée par l'extérieure ; parce que le fixe doit par ce moyen être élevé de sa résidence, et s'envoler avec le volatil : de la même manière un Œuf a besoin de la chaleur de la Poule pour produire un poussin, et celui-ci est arrêté lorsque l'opération est terminée.

Par conséquent votre Matière étant trouvée, débarrassez-la et nettoyez-la de toutes ses fèces, puis mélangez dans la bonne proportion, mettez dans un fiole de Verre de grandeur appropriée comme précédemment décrit, qui soit soigneusement fermée pour d'aucun Esprit ne s'en échappe ; puis placez dans son nid, et mettez dans le Fourneau si curieusement agencé qu'une chaleur égale et continuelle puisse y être entretenue ; Ceci est notre Agent Extérieur, qui s'il vient à manquer, le Travail s'arrête immédiatement et est ruiné ; mais prenez note que votre chaleur ne soit trop forte, ce qui détruirai sûrement votre Œuvre, pour la raison que comme vous le découvrirez, comme tous les Auteur l'ont proclamé, la hâte engendre la ruine.

Il s'ensuit que la Chaleur extérieure, doit être souvent appréciée et régulée en fonction de l'Opération intérieure ; dont je traiterai maintenant, par laquelle l'Artiste en observant l'apparition des signes visibles, pourra accroître ou diminuer la Chaleur, pour qu'elle soit le plus approprié à la conduite de notre Ouvrage.

En premier, donc, lorsque le Matras est mit dans son Nid de Sable, qu'il soit bien ajusté de façon qu'il ne puisse bouger en aucune façon, puis appliquez-lui dessous, une chaleur appropriée, de telle sorte que cette dernière puisse monter, et en prenant soin que le nid soit disposer de telle façon qu'aucun Air ne puisse entrer ou sortir, et que la fiole ne puisse jamais souffrir le froid : en conséquence faites que le Feu soit continu (Jour et Nuit) de façon que la Fiole ne soit jamais exposée au froid, et faites attention d'approvisionner de temps en temps avec de nouveau combustible au fur et à mesure qu'il diminue. C'est pour cette raison que les Sages ont choisi un Fourneau qu'ils appellent Athanor, où la Chaleur est constamment gardée ; ayant toujours une réserve de charbon pour subvenir au besoins, et ayant soin de le surveiller au moins une fois toutes les douze heures, et entre-temps faire ce que bon vous semble.

Le Fourneau peut être fait de briques, montée avec un Mortier bien gâché, fait de glaise, mélangée avec du sable et du crottin de cheval, soigneusement mélangé ensemble, jusqu'à ce que cela devienne une masse qui ne soit pas susceptible de se fendre ; d'autres préparent leur Mortier, en le mélangeant avec des cendres, des cheveux ou de la bourre, etc. et de choses et d'autres ; mais quoiqu'il en soit efforcez vous de choisir le meilleur. Car après le Matière elle-même l'autre chose qu'un homme doit rechercher c'est un bon Fourneau ; puisque le Feu doit amener l'Ouvrage à la Perfection, cela vaut la peine de passer une semaine à préparer un bon Fourneau, et permette, comme le jour, divers degrés de Chaleur harmonieuse comme le jour suivant le besoin, et qu'il puisse être gouverné avec une telle assurance qu'il ne soit pas sujet à l'erreur.

Que votre Fourneau soit composé de matières qui ne puissent tomber en poussières, se fendre ou se craqueler, car il est nécessaire d'entretenir le Feu durant longtemps, et des craquelures ou fissures, rendraient difficile le gouvernement du Feu jusqu'au degré requis, et le rendraient inévitablement plus fort ou plus faible que désiré.

Prenez aussi garde de ne point construire votre Fourneau où il puisse être sujet à des accidents ou calamités, telles la pluie qui pourrait tomber dessus, ou le Vent qui soufflerait sur la Fiole, car vous perdriez à un moment ou à un autre votre Ouvrage ; par conséquent soyez avisé, et veillez à la sécurité, à laquelle il vous faudra journellement prêter attention jusqu'à la fin de votre Œuvre.

De la même manière j'estime qu'il est nécessaire de choisir un endroit éclairé pour le Fourneau, car la pensée de l'Artiste l'inclinera fortement sans aucun doute à surveiller les Opérations, et de les voire toutes les heures, ou au moins une fois par jour ; ce qui sera à la fois réjouissant et satisfaisant de voir que l'Œuvre progresse comme il faut.

Que la pièce où vous gardez cette chaleur immortelle, soit telle que les fumée qui s'élèvent des charbons puissent trouver une ventilation ; car vous pourriez être tellement incommodé (comme certains on fait par négligence) que vous pourriez vous en repentir trop tard, et peut être quelques émanations dangereuses pourraient mettre votre vie en péril.

Si vous pouvez construire le Fourneau dans une cheminée cela peut être très pratique pour évacuer les fumées à l'extérieur ; mais si vous estimez un tel endroit trop sombre, alors mettez-le dans une grande pièce, où vous ne viendrez pas visiter votre Matras trop souvent, ni rester trop longtemps, par peur du danger : Mais si vous pouvez avoir une pièce haute, dans laquelle une ventilation sera aménagée, cela sera le mieux, les fumées pourront être évacuer librement, et alors vous pourrez être plus hardi et visiter plus souvent sans crainte de danger ; car comme les Sages enseignent, la vue de l'Œuvre protège l'Artiste de la débauche, en plus du fait que c'est un plaisir d'observer les différents mouvements de l'Œuvre au sein du Feu.

FIN