La voie sèche, autant que nous le sachions fut symboliquement décrite dans les deux volumes des livres de Fulcanelli, Le Mystère des Cathédrales et Les Demeures Philosophales ainsi que dans Laboratoire alchimique de Atorène et Introitus Ad Philosophorum Lapide.
Il y a sans doute beaucoup de connaissances dans le livre de Fulcanelli Les Demeures Philosophales édité à Paris, chez Jean Jacques Pauvert, 8 rue de Nesle, Paris VI, en 1965 ; et sa traduction anglaise, The Dwellings of the Philosophers Archives Presse et Communication, Inc, PO Box 11218 Boulder, CO 80301 USA.
Cest le livre par lequel pratiquement tous les apprentis Alchimistes commencèrent, certains, disent quil est « le livre de référence.»
Pour nous il y a maintenant plusieurs années de cela, alors quil nexistait pas encore de traduction en Portugais ou en Espagnol de cet ouvrage, nous avons acquis lédition française de Jean Jacques Pauvert, éditée en Suisse, en 1965.
Nous avons passé de longues années de notre vie à étudier ce magnifique monument de symbolisme, si difficile à interpréter pour un débutant et qui nous laissa dans un état de désespoir, car, contre toute attente, nous ne parvenions pas à lever le voile symbolique entourant cet ouvrage.
Pourquoi ? Parce que ce livre avait été écrit par deux Alchimistes érudits et il était donc difficile, dy saisir les descriptions symboliques de la matière et les quelques rares références concernant le mode opératoire dispersées dans la totalité de louvrage constituait un travail sans accord avec lexplication de plusieurs images et les sculptures des demeures des philosophes. Nous avons fréquemment été relever dans les listes des « Forums » dAlchimie, les commentaires sur lOeuvre de Fulcanelli. Beaucoup dentre eux sont à notre avis impropres à donner des « explications » du texte et se basent plus sur des interprétations littérales que sur des fondements Alchimiques. Ce qui à notre point de vue est une erreur.
Pour commenter Fulcanelli, il est nécessaire de connaître la voie sèche et celui qui dit cela nest autre que son disciple Eugène Canseliet.
Beaucoup de descriptions émanant du charisme philosophique de lauteur ne sont pas à la portée de la plupart des Alchimistes, parce quelles sont faites dans la « langue des oiseaux » codage dans lequel un des protagonistes ayant écrit le livre excellait.
Mais ce qui mérite dêtre noté, cest la liste placée in fine du volume II des Demeures Philosophales de lédition française, cest une large bibliographie permettant de connaître le travail des Alchimistes classiques et pouvant donner le goût, dacquérir les livres de lauteur surtout dans leur édition française. Pour notre part, nous avons toujours préféré les livres directement traduits du latin, car ils saccordent mieux avec notre expérience. Toutefois, les deuxièmes et troisièmes traductions réalisées sont pleines dimprécisions quant au procédé pratique, elles nont pas été réalisées par des Alchimistes et comportent de fréquentes erreurs.
Mais, parlons un peu de Fulcanelli et de son histoire. Qui était, après tout, le mystérieux Fulcanelli ? Il y a peu de temps nous avons pris connaissance dun livre très intéressant qui décrivait en détail lhistoire de Fucanelli, il sagit de : Fulcanelli dévoilé, par Geneviève Dubois, Edition Dervy, 91, Bd Saint Germain 75006 Paris.
Lauteur de « Fulcanelli dévoilé » conduit de profondes investigations dans la vie de Fulcanelli et illustre son livre de nombreux documents et photos. Nous vous suggérons de lire cet ouvrage. Cest un magnifique travail réalisé sur la globalité de luvre de Fulcanelli et non juste sur un de ses textes. Toutefois afin de vous aider à comprendre Fulcanelli nous allons vous présenter quelques extraits se rapportant au livre et illustrant bien cet Alchimiste.
Après les avoir lus vous aurez certainement un autre regard sur Fulcanelli.
Nous nous référerons en premier lieu au principal protagoniste de cette histoire : Jean Julien Champagne.
Passionné par l'étude des textes anciens alchimiques, le jeune Jean-Julien Champagne, à peine âgée de 16 ans, obtient de sa mère l'installation d'un laboratoire dans la demeure familiale de Villiers-le Bel. Là, il s'adonne à son passe-temps favori et acquiert ainsi des tours de main qui lui seront fort utiles pour ses expériences à venir et lui permettront de devenir un alchimiste opératif de première qualité.
Il continue à étudier avec ardeur dans les bibliothèques parisiennes, qui recèlent de précieux manuscrits.
Parallèlement, il s'inscrit à l'École des Beaux-Arts de Paris En 1900, il sort de l'École Nationale et Spéciale des beaux-arts. Il est alors âgé de 23 ans. C'est un homme séduisant, de taille moyenne, 1,70m, avec des moustaches. Il a beaucoup de succès auprès des femmes et il en sera ainsi toute sa vie

Champagne portrait
Toujours féru d'ouvrages alchimiques, il parcourt inlassablement les librairies. L'époque est féconde. Des nombreuses personnalités se réunissent, attirées par leur commun désir d'étudier et se rencontrent dans les boutiques spécialisées.
Ainsi en est-il une, située au 76, rue de Rennes, dans le 6e arrondissement de Paris, «La librairie du Merveilleux» fondée par Chamuel, reprise par Pierre Dujols et A. Thomas et transférée à cet endroit, qui est le centre de ralliement, dans les années 1910-1911, d'érudits hellénistes et de kabbalistes réputés.
Circulent en ce lieu, des idées concernant une fameuse langue à clef, oubliée mais non perdue, la langue verte ou langue des oiseaux. Le maître des lieux, Pierre Dujols est un savant en littérature grec que et un ardent défenseur de la langue hellène qu'il assure, être à l'origine de la nôtre et qui lui permet, par l´étymologie qu'elle donne des vocables alchimiques, d'appliquer une règle particulière, nommée cabale hermétique et de trouver ainsi un sens précis propice au travail au laboratoire. Il possède un fichier de sciences occultes, unique en son genre et que son ami Jean-Julien Champagne utilisera plus tard.
Pour l'instant, c'est son disciple en sciences hermétiques, Faugeron, alors voyageur de commerce, domicilié 6, rue des Sabots, qui le tient à jour, mais il ny travaillera pas longtemps. Après le décès de Dujols, Faugeron continue les expérimentations sacrifiant tout pour lachat du charbon nécessaire à ses travaux alchimiques. Ce qui le conduisit à mourir de faim, dans une pauvreté totale sans probablement obtenir la conclusion de ses efforts.
Pierre Dujols, contrairement à ce qui peut être lu, considérait le travail de laboratoire comme essentiel. Il répondit un jour à son ami Paul le Cour, qui voyait lalchimie comme une ascèse intérieure : « quil était complètement dans lerreur et quil ne pouvait pas comprendre lintellectualisme hermétique sans travailler sur la matière, que la terminologie hermétique ne pouvait être remplacée par une terminologie scientifique »

Pierre Dujols
Pierre Dujols, nous a seulement et heureusement légué sous son pseudonyme de Magophon (la voix du Mage), un Mutus Liber, précédé d'une Hypotypose de sa plume: il développe des idées très intéressantes que nous retrouverons plus tard dans les ouvrages attribués à Fulcanelli, notamment: Kermès, l'Agriculture céleste, la composition d'un uf, le baril de chêne, la photographie et les sels, le Nostoc, etc.
Jean-Julien Champagne et René Schwaller de Lubicz.
Dans les années 1910, arrive à Paris, le jeune René Schwaller, alors âgé de 23 ans. Il s'apprête à étudier la peinture avec Matisse et, très attiré par la métaphysique alors à son apogée; il côtoie ainsi de nombreux occultistes et fervents spiritualistes et fréquente également la « Librairie du Merveilleux » où il s'étonne déjà de l'engouement de tout ce groupe pour la cabale phonétique.
Or, un jour de l'année 1913, il va faire une rencontre qui sera déterminante pour la coterie de Jean-Julien Champagne et la résurgence alchimique que nous connaissons.
Depuis 1907, il est rapport avec la famille de Lesseps qui habite un superbe hôtel particulier, avenue Montaigne à Paris. Il est entré en contact avec ce milieu fortuné par l'intermédiaire de leur chauffeur.
Les fils de Lesseps, surtout Bertrand et Ferdinand-Jules, s'intéressent, se passionnent même, pour la Science d'Hermès. Ils proposent à Jean-Julien Champagne de loger dans le laboratoire que possède Ferdinand, rue Vernier, dans le XVIIe arrondissement. Champagne s'y installe et peut ainsi travailler à l'élaboration du Grand-uvre. Sa vie matérielle est assurée par les Lesseps qui l'emploient comme dessinateur industriel.
Tous ces gens s'occupent d'alchimie, c'est une véritable mode. Les groupements les plus divers proposent des cours d'hermétisme.
Les Frères Charconac, amis de Dujols, emploient aussi Champagne dans leur librairie, sur les quais, à Paris. Son travail consiste à recevoir les ouvrages provenant de bibliothèques privées, généralement de province, à les évaluer et les ranger. Ce n'est pas pour déplaire à cet érudit, toujours à laffût de livres anciens traitant d'alchimie.
Or, un jour où il affaire à classer des livres, un exemplaire rare des écrits de Newton lui passe entre les mains. Il l'ouvre et découvre un manuscrit qu'il estime de 1830, de six pages, notes prises par un expérimentateur au cours de ses expériences et relatant son succès.
Champagne dérobe les précieux feuillets et les emmène chez lui afin de les étudier. Il s'agit, à sa grande joie, et il se réjouit déjà à l'idée de pouvoir lui-même obtenir un pareil résultat, de manipulations alchimiques permettant la réalisation des fameuses couleurs blues et rouges utilisées pour les vitraux de Chartres.
Il va, dès lors, se pencher sur le manuscrit et tenter de le décrypter en passant de nombreuses heures au laboratoire, mais en vain.
C'est alors qu'un jour de 1913, tandis qu'il se trouve à La Closerie-des-Lilas, selon son habitude, il aperçoit René Schwaller, dont il connaît le grand intérêt pour l'alchimie et les connaissances en chimie. Il l'aborde pour lui proposer la lecture du manuscrit et une éventuelle collaboration.

René Schwaller
L'intérêt le guide; s'il avait pu lui-même résoudre la question, il n'aurait sans doute jamais montré ces pages au futur égyptologue. Celui-ci fut immédiatement intéressé.
Outre l'alchimie, René Schwaller montrait une grande curiosité pour les théories concernant la constitution de la matière; il désapprouvait d'ailleurs complètement le travail sur l'atome qu'il dira plus tard présenter de grands dangers pour l'humanité, position qu'il maintiendra toute sa vie.
Son travail sur les nombres l'avait amené à étudier les formes architecturales et notamment les cathédrales. Lors de son séjour parisien, il s'était souvent dirigé vers Notre-Dame de Paris afin d'observer ses lignes et ses sculptures. C'est ainsi qu'il avait étudié le symbolisme des cathédrales et son rapport avec lArt alchimique. Il avait rédigé un manuscrit sur ce sujet qui le fascinait.
C'est pourquoi, les quelques feuilles que lui présenta Champagne le motivèrent fortement. Ils conclurent un accord; Schwaller verserait une mensualité au peintre, lui permettant de vivre, en échange de laquelle Champagne devait travailler sur l'aspect opératif. Schwaller tenterait d'élucider la théorie et Champagne, excellent manipulateur au laboratoire, ferait les expériences.
Dans le contrat, une clause était stipulée: quoiqu'il arrive, qu'ils réussissent ou échouent, nul ne devait apprendre l'existence de cet accord au terme duquel ils se sépareraient sans jamais plus aborder le sujet. La non-observance de ce pacte allait avoir des conséquences fatales pour Champagne.
Champagne se rend toujours aussi régulièrement chez son ami Dujols. Celui-ci prépare son introduction au Mutus Liber, ils discutent d'alchimie, de symbolisme et de cabale hermétique.
Eugène Canseliet
En 1915, Eugène Canseliet est présenté à Champagne. Il este âgé de 16 ans, le peintre de 38 ans; Dujols a 43 ans et Schwaller 28. Eugène Canseliet ne tarde pas à devenir l'élève assidu de ce maître qu'il admire tant et qu'il servira toute sa vie. Dans les premières années, il servira surtout de garçon de courses. Il sera le pivot d'une manipulation dont lui-même n'aura pas conscience. Une sorte de canular qui prendra une tournure que n'avaient peut-être pas prévue ses auteurs.

Canseliet jeune
En fait, grâce à Champagne, Eugène Canseliet sera introduit dans le Tout Paris mondain et occultiste. Il fréquentera les Lesseps, le groupe des symbolistes avec André Breton et le petit cercle de Pierre Dujols qu'il connaîtra d'ailleurs très peu. Il affinera son éducation alchimique, tant opérative que symbolique aux côtés de son maître: Champagne.
Si Canseliet a été d'une importance capitale dans la diffusion de l'uvre de Fulcanelli, il l'a aussi été dans l'élaboration tenace de la légende. Il sera un assidu des bibliothèques où de sa très belle écriture, il s'ingéniera à calligraphier les manuscrits anciens.
En qualité de curiosité, je ne peux pas laisser de côté lextrait d'un article réalisé par un « spécialiste » commentant Les Demeures Philosophales à légard de Eugène Canseliet, lors dun Forum Alchimique le 12 Janvier 1999.
« Avant dentrer dans le sujet, jattire lattention de ceux qui nont pas encore lu le livre, ainsi ils ignorent ce quannonce la préface dEugène Canseliet. Dans laquelle il dit avoir eu lhonneur de connaître personnellement Fulcanelli, Canseliet nous donne limpression de ne jamais avoir été son disciple. La préface et la fin de son livre semblent aller dans la direction opposée de lenseignement de son Maître. Quelques-uns de ses délires, sont à notre point de vue, une défaveur pour lAlchimie et ses tentatives de montrer son Maître comme un voyageur érudit dans lignorance duquel il apprit »
Lauteur de cet écrit, comme nous le verrons plus tard, sest complètement trompé au sujet de Canseliet. Autant que nous le sachions, Canseliet fut un disciple de Julien Champagne, qui connaissait les parfaitement les travaux de son Maître. Par ailleurs, tous ses livres ont à ce jour démontré son érudition, parce quétant en outre un grand Alchimiste, il possédait une formation académique de haut niveau notamment en langue Latine et Grecque.
Je ne me réfère pas à cela dans lintention d dénigrer quiconque mais juste pour vous démontrer combien les avis sur Fulcanelli, peuvent diverger. Par-dessus tout, ce sont ceux-là qui ignorent la voie quil a principalement décrite et qui est la voie sèche, bien que, comme nous lavons toujours dit, il se réfère parfois à la voie humide.
Plus en avant de cela, nous donnerons mention dautres interprétations faites par Fulcanelli dans le respect de la matière et incluant le « modus opérandi »
C'est en cette même année 1922, au mois de septembre, qu'Eugène Canseliet, âgé de 25 ans, assiste à la fameuse transmutation. Il exécute lui-même la projection sur les directives de Fulcanelli. La scène se passe dans le petit logement qu'il occupe à l'usine à gaz de Sarcelles, en présence de Jean-Julien Champagne et du chimiste Gaston Sauvage. Cette transmutation ne fut pas le fait de la réussite du Grand uvre mais un simple particulier.
Toujours en 1922, René Schwaller quitta Paris, rompit tout contact avec les milieux ésotériques, notamment avec le groupe d'alchimistes réunis autour de Pierre Dujols et de Julien Champagne, mais il continua à verser à ce dernier la mensualité convenue.
Pendant les années de guerre, passés à Paris, Schwaller avait rédigé un manuscrit sur le sujet qui lui tenait à cur: Les cathédrales gothiques et le symbolisme alchimique. Il le montra à Champagne qui parut intéressé et qui lui proposa de soumettre son travail à un éditeur. Lui-même, très introduit dans le milieu du livre se chargerait de cette démarche.
Schwaller, confiant, prêta volontiers son document et Jean-Julien Champagne promit de le ramener rapidement. Il le garda néanmoins plusieurs jours au bout desquels il avisa Schwaller que son étude révélait trop de secrets et qu'elle ne pouvait par conséquent être mise à la disposition du commun. Il la lui rendit.
Jean-Julien Champagne avait des lubies, c'est ainsi qu'il abhorrait l'électricité, préférant pou s'éclairer une lampe à pétrole. Il se vêtait également de façon désuète, portait des moustaches à la Gauloise et les cheveux longs. Il donnait l'impression de n'être pas de son siècle, toujours plongé dans la lecture des auteurs anciens, ayant une prédilection pou le Moyen âge, qu'il considérait point une période obscure, bien au contraire.
Champagne consacra des années à maintenir la rumeur de l'adeptat de Fulcanelli; il l'avait lancée et elle fut entretenue par tout le groupe qui l'entourait et qui devait promouvoir le mythe: Gaston Sauvage, Les Charconac, Pierre Dujols, Canseliet, Jules Boucher. Ils formaient cette si mystérieuse Fraternité d' Héliopolis (F.C.H.).
Depuis quatre ans déjà, Pierre Dujols est couché victime d'une arthrose, et à cause d'une situation financière délicate, son épouse se trouve dans l'obligation de travailler afin de subvenir aux besoins de la famille.
Champagne sabandonnant à la boisson. Pierre Dujols, pendant ces longues année d'immobilité consacre son temps à la rédaction de nombreuses notes concernant le symbolisme alchimique. Champagne et lui on commun la vénération de Basile Valentin et de Flamel.
Champagne voyage, et au cours de se déplacements entreprend de reproduire les sculptures qui lui paraissent procéder d'une intention alchimique: Amiens et Limoux et notre dame de Marceille. Il effectue également un voyage à Limoux, où en compagnie de son fidèle disciple, Eugène Canseliet, il visite Notre-Dame de Marceille. Mais c'est surtout sur les notes de Schwaller, concernant Notre-Dame de Paris et ses rapports avec l'hermétisme que Dujols, grâce à sa remarquable érudition et Champagne, dessinateurs de talent et génial opérateur vont travailler.
Ils le remodèlent, argumentent, étalent leurs connaissances, il faut dire, prodigieuses en ce domaine et Champagne confie-le tout à Eugène Canseliet afin d'accréditer la thèse du mystérieux adepte. C'est ainsi que le 15 juin 1926, Le «Mystère des Cathédrales» est publié chez Jean Schémit à Paris, sous le pseudonyme de Fulcanelli, à la grande stupéfaction de Schwaller qui est alors en Suisse, à Suhalia. Il reconnaît son travail, celui qu'il avait prêté à Champagne dans les années 1920-22.
Quant à Pierre Dujols, il n'est pas certain qu'il ait informé de la provenance des notes que lui présenta Champagne. C'était un homme très pieux et apparemment d'une grande probité
La quête spirituelle que menait Schwaller fit que ce dernier, par mansuétude ne tint pas rigueur à Champagne de son larcin, puisqu'il alla même jusqu'à continuer à verser les mensualités promises tandis que Jean-Julien Champagne, dans son laboratoire, se penchait sur la résolution du problème des couleurs des vitraux de Chartres. Mais il n'aboutit à aucun résultat
Cette même année 1926, le 19 avril, décède à Paris Pierre Dujols. Sa femme se retirera chez ses enfants, se séparera définitivement de Jean-Julien Champagne, auquel, elle était pourtant très liée et ne recevra plus désormais que la visite de Faugeron, le disciple en alchimie de son mari. Faugeron qui décédera à son tour en 1947.
Auparavant, elle lui avait donné tout le fichier alchimique et les notes concernant les monuments à caractère hermétique. Pierre Dujols avait rédigé de très longues pages à ce sujet et Eugène Canseliet aura pour rôle de les assembler, de les soumettre à son maître Champagne pour enfin présenter-le tout à l'éditeur Schémit qui, en 1930, proposera au public la première édition de Les Demeures Philosophales.
Cette année-là, 1930, René Schwaller et Jean-Julien Champagne vont enfin résoudre ce qu'ils ont cherché pendant dix-neuf ans. Le problème de la fabrication des bleus et rouges des vitraux, tels ceux que l'on peut observer dans la Cathédrale de Chartres. Ce qui n'est pas rien.
C'est aussi cette année 1930, le 15 septembre, que paraît dans le public, le deuxième ouvrage de Fulcanelli-Champagne: Les Demeures Philosophales et le Symbolisme Hermétique dans ses Rapports avec l´Art Sacré et l'Esotérisme du Grand-uvre. (Préface d'Eugène Canseliet. F.C.H. Ouvrage illustré de quarante planches d'après les dessins de Julien Champagne, Jean Schémit 1930, Paris)
Ce livre est le travail de Pierre Dujols avant son décès et de Champagne. Eugène Canseliet aura pour rôle d'assembler les notes, sans pratiquement les modifier. Plus tard, après le décès de son maître Champagne, il se permettra d'augmenter les rééditions.
Julien Champagne est gravement malade, il traîne la jambe, boit de labsinthe, respire du galbanum pour obtenir des visions. Sa santé est altérée. Il reçoit pourtant des teintures, mais il est trop tard.

Champagne âgé
Aussi, en 1931, il demande par lettre à René Schwaller de venir à Paris car il a une déclaration très important à lui communiquer. Lorsquils se rencontrent dans un petit restaurant de banlieue, Champagne annonce son intention de tout révéler de leurs travaux mais René Schwaller lui rappelle le pacte et lui propose, contre son silence, de continuer à l'aider financièrement.
En août 1932, Jean-Julien. Champagne, très affaibli, envoie un nouveau courrier à René Schwaller en lui précisant la date fixée pour la réunion avec ses disciples . René Schwaller revient à Paris, montre directement à la mansarde de lalchimiste, au 59 bis, rue Rochechouart. Il le trouve couché, noir de peau : la gangrène s'étendait sur sa jambe. .
Ce dernier avait du réfléchir et, pris de remords, montre un tas de papier à Schwaller et lui demande d'emporter le manuscrit qui se trouve, être celui qui avait été à l'origine de leur longue collaboration.
Ce fut leur dernière rencontre, car le lendemain, 26 août 1932 à 6 heures 40, Jean-Julien Champagne décédait à l'âge de 55 ans, d'une artérite obturant de la jambe gauche, sans avoir obtenu la réalisation de la Pierre Philosophale, la recherche de tout une vie.
René Schwaller de Lubicz décédé en 1961 - à lâge de 74.
Eugène Canseliet décédé en 1982 - à lâge de 83.
Canseliet et la voie sèche
Eugène Canseliet, comme nous le savons fut un disciple direct de Champagne lequel était un expert dans les opérations de laboratoire. En conséquence Champagne lui a transmis le mode opératoire de la voie sèche. Nous savons aussi que jamais Champagne ni Dujols ne parvinrent à lachèvement du Grand Oeuvre.
Lubicz réalisa une transmutation mais ce fut un « particulier » et non lachèvement du Grand Oeuvre.
On ne peut pas dire que Canseliet parvint à lachèvement du Grand Oeuvre, mais il arriva à la dernière phase du troisième oeuvre qui est la cuisson du Rémora. Il nexplique pas clairement les raisons pour lesquelles il ne terminera pas lOeuvre. Solzaref à ce sujet avance quil est actuellement impossible de réaliser la voie sèche en raison des « conditions » externes.

Canseliet âgé
En ce qui concerne le mode opératoire Fulcanelli, na jamais été très généreux. Canseliet probablement pour remédier à cette omission publia le livre LAlchimie Expliquée Sur Ses Textes Classiques édition Jean-Jacques Pauvert 1972.
Ce livre est considéré comme la « Bible » de la voie sèche. Canseliet ne fut pas très généreux dans ses explications et son écrit reste difficile pour un débutant. Il sest aussi servi de textes classiques pour expliquer cette voie en se référant notamment à louvrage Les Douze Clefs Basile Valentin, auteur auquel nous nous référons aussi, quil ny a rien qui a été fait avec la voie sèche.
Pour un Alchimiste confirmé ayant quelque connaissance de la voie sèche ce livre est un précieux guide pour sa mise en pratique. Mais si vous navez aucune connaissance de lopérativité de cette voie, il est très difficile de la poursuivre sans laide dun Maître ou dun frère.
La voie sèche est difficile et en quelque manière cest une voie dangereuse, parce que nous travaillons avec des températures de 1000° C, dans un four clos alimenté au gaz butane ou propane. Nous vous mettons en garde, que sans expérience ou sans lavis et laide dun frère ou dun Maître, il est périlleux de se risquer à lentreprise de cette voie.
De même, si nous vous expliquions en détail le mode opératoire, vous auriez besoin de le voir dans sa réalisation pour apprendre les « tours de mains » nécessaires.
Nous essayerons toutefois dans les limites que nous nous imposons, de vous apporter quelques explications sur cette voie peu connue en vous faisant bénéficier de notre expérience ainsi que de lappropriation de multiples textes tels que ceux de Fulcanelli, Philalèthe, Flamel et par-dessus tout de Canseliet.
Nos livres concernant lArt, sont essentiellement en langue française. A notre avis les livres qui ont été traduits par des Français, sans doute parce quils ont été traduits par des Alchimistes tels que Poisson, Dujols, Canseliet et quelques autres plus anciens. Ces livres semblent réalistes et diffèrent considérablement des livres anglais, qui ont rarement été traduits par des Frères de lArt.
Nous avons eu loccasion de vérifier cela dans Les Douze Clefs et le Dernier Testament de Basile Valentin, Lentrée Ouverte du Palais Fermé du Roi, de Eyrénée Philalèthe, ainsi que dans le Bréviaire de Flamel.
Pour votre travail sur la voie sèche, vous aurez besoin, en premier lieu, dun emplacement adapté où vous installerez votre four. Lemplacement convenant le mieux serait lextérieur, mais cela demande linstallation dune couverture et en hiver il nest pas très agréable de travailler dans ces conditions.
Votre choix devra aussi se porter sur un lieu bien aéré recevant la lumière du jour. Il est incontournable que la cheminée puisse évacuer les fumées toxiques à lextérieur de façon contrôlée et sans inconvénient pour le voisinage.
Ces limitations peuvent nous contraindre. Mais cela ne sapplique pas uniquement à la voie sèche, bien que la voie humide némette pas daussi forts dégagements de fumée et puisse se réaliser dans un appartement, il y a des opérations qui devront se dérouler à lextérieur ou dans un lieu bien ventilé comme un balcon, en raison des émanations de gaz toxiques de certaines réactions chimiques.

Le four de la voie sèche que vous pouvez voir sur limage est celui utilisé par Canseliet, ce type de four peut être construit avec un simple bloc de terre réfractaire. Dautres fours sont faits de tuiles réfractaires empilées et unies avec une masse de terre réfractaire. Leur taille peut varier et dépendra du creuset utilisé. Habituellement la taille des creusets convenant à la séparation et à la purification Mercurielle est de 12 cm de haut avec une ouverture de 10 cm.
Comme il est montré dans la purgation deux creusets mis lun dans lautre sont utilisés, un foyer de 30 cm de haut ne sera pas excessif et conviendra également. La grandeur de la chambre de combustion peut aussi être de 30 cm. Vous pouvez fabriquer, un four plus grand cela vous donnera plus de confort pour placer et enlever votre creuset, mais vous devez vous souvenir quun four plus important représente aussi une plus grande perte dénergie.
Dans la séparation, ou las purifications Mercurielles, dailleurs nous nutilisons quun creuset, mais le trou de la tête du brûleur à gaz se trouve au-dessus dudit creuset pour la purgation, le creuset étant trop bas pour cette opération vous aurez à placer une ou plusieurs tuiles réfractaires cassées au centre du four afin dobtenir la bonne hauteur pour que le feu arrive au centre du creuset.
Le four peut être construit avec un bloc circulaire dun seul tenant, le feu sera ainsi plus enveloppant et vous dépenserez moins dénergie. La cheminée du four peut être un simple tuyau de fer de 15 cm de diamètre et denviron 30 cm de long. A ce tuyau un autre tube flexible ou rigide servira à évacuer à lextérieur les gaz.
Le tuyau dévacuation possédera un système de régulation de la circulation parce quautrement, si la circulation est excessive le four natteindra pas la température voulue et se refroidira trop rapidement. Au contraire, si l circulation est réduite les gaz de combustion ne sont pas parfaits et la chaleur nécessaire nest pas produite.
Votre four devra posséder une ouverture suffisamment grande pour permettre de placer et denlever le creusez, favorisant ainsi le contrôle du déroulement des opérations à lintérieur. Cette ouverture sera fermée lorsque le four montera en température et donc en travail.
Le pyromètre sera pour vous dune grande utilité, bien que nous ayons travaillé sans lui durant des années sans jamais avoir eu de problème de régulation pour nos différents creusets chauffés au rouge.
Pour la purgation, il y en a qui utilisent différents systèmes. Au lieu de deux creusets lun dans lautre, ils utilisent juste un creuset possédant un trou en son centre ainsi quau fond du four, cela permet de faire tomber le métal fondu vers un four additionnel extérieur. Mais dans ce cas, le four doit être placé sur un support métallique.
Finalement il ny à pas plusieurs façons par lesquelles vous pourrez réaliser votre four. Toutes dépendront de votre habileté, de lemplacement de sa construction et de la taille des creusets que vous utiliserez.
De notre expérience personnelle, nous avertissons les constructeurs quil est dans tous les cas souhaitable de la placer sur un support métallique à mi-hauteur ce qui permet de travailler confortablement.
Par respect pour votre four, vous aurez maintenant besoin dune source de chaleur et la mieux adaptée de nos jours, sera le gaz propane cest aussi la moins chère. Vous aurez aussi besoin dune tête de brûleur qui vous fournira la température souhaitée, il est aussi évident que ce brûleur devra être réglable. Vous aurez aussi besoin dun manomètre qui vous permettra dêtre toujours informé de la quantité de gaz restant dans la bouteille, ainsi vous pourrez rapidement changer de bouteille de gaz sans préjudice pour le déroulement de vos opérations. Ainsi, il sera préférable de toujours avoir une bouteille pleine en réserve.
Le brûleur possédera un support mobile qui permettra de le faire varier en hauteur vous pourrez ainsi le placer au centre du trou latéral du four et comme cela diriger la flamme à la bonne place dans le four.
En ce qui concerne le four il semble que je vous ai dit tout ce qui était nécessaire. Si vous avez quelques doutes ou questions, vous pouvez me les poser.
Maintenant, vous avez besoin daccessoires, ces équipements ne sont pas nombreux, mais ils sont absolument nécessaires.
Vous aurez besoin dun bon mortier en fer ou en laiton, il est préférable quil soit en fer, il est difficile de triturer ou de pulvériser notre sujet minéral avec un lourd pilon qui devra être de même matière que le mortier. Notre mortier sera correctement placé dans un logement en bois suffisamment taillé pour le recevoir, ainsi vous pourrez vous asseoir sur un petit banc et vous aurez une position confortable sans avoir le dos courbé. Pour l'instant, il est nécessaire daccomplir votre travail qui est de triturer convenablement quelques kilos de sujet minéral.

Triturer dans un mortier réclame une technique. Essayez dapporter en permanence de la matière dans le mortier. Cest une pure erreur dessayer de triturer trop de matières en une seule fois. Vous ne devez jamais procéder de cette façon, car notre sujet forme alors une masse compacte dans le fond du mortier. Vous aurez besoin dune grosse cuillère en acier inoxydable, qui vous permettra pendant que vous triturez, de décoller la matière dans le fond du mortier.
Lorsque vous voyez que votre matière est suffisamment triturée - et cela seule lexpérience pourra vous le faire savoir - versez là dans un assiette en plastique ou en terre et continuez à écraser la totalité de votre sujet jusquà ce quil soit réduit en poudre. Mais ce n'est, pas suffisant, il est maintenant nécessaire de purger votre sujet pour réaliser la Séparation. Vous avez à tamiser votre poudre à laide dun fin grillage métallique comparable aux passoires de grand modèle employées à usage domestique dans une cuisine.
Vous pouvez acheter ce fin grillage dans un magasin ad hoc et le clouer sur un cadre de bois carré dau moins 30 cm de côté et 10 cm de haut.
Vous aurez encore besoin dautres passoires de même dimension mais fabriquées avec un fin grillage de nylon comme celui utilisé en sérigraphie, comportant 60 lignes au centimètre ou 120 au pouce (=2,54 cm)

En plus de ces accessoires vous aurez besoin dune pince avec un long manche qui vous permettra de placer ou denlever le creuset du four. Vous aurez aussi besoin dune longue cuillère en acier inoxydable pour verser les produits dans le creuset quand il est dans le four, évitant ainsi de vous brûler une autre bonne idée consistera à acquérir une paire de gants en cuir comme ceux utilisés par les ouvriers des fonderies.
Noubliez pas que vous allez travailler avec des températures entre 800° et 1000° C. Une paire de lunettes sera la bienvenue, pour protéger vos yeux des explosions.
En plus des accessoires ci-dessus mentionnés il y en a un autre qui pourrait sembler insignifiant. Il sagit dun crochet de fer de 5 mm de diamètre ayant une longueur de 60 cm et possédant une extrémité coudée en angle droit. Cette partie coudée aura environ 15 cm. Cette tige de fer dont vous ferez bon usage saccordera petit à petit avec le travail que vous accomplirez.
Ce modeste et indispensable accessoire fait de fer sera excellent pour remuer le mélange en fusion dans le creuset.
Vous aurez à acquérir plusieurs creusets. Habituellement dans chaque pays une usine en produit, ils sont dordinaire bon marché, nous avons eu loccasion dessayer plusieurs types de creusets mais ceux produits en Allemagne ont toujours étés les meilleurs ils son malheureusement très chers.
Parfois, un creuset provenant dune manufacture détat accomplit juste une séparation et très vite se fissure parce quil était de mauvaise qualité. Un facteur important de la longévité des creusets réside dans les variations de température qui les font se fendre. Mais cela avec le temps est inévitable. Lorsque vous chauffez fortement un creuset dans un four, normalement vous commencez avec ne température basse qui sélève graduellement jusquà atteindre le maximum permis pour lopération en cause.

Lorsque vous sortez du four, le creuset contenant le métal en fusion il se produit une brutale variation de température au niveau du creuset, quoiquil demeure pour un temps hors du four pratiquement à la même température. Après avoir vidé son contenu, le creuset vide, devra être immédiatement replacé dans le four pour y être chauffé et continuer le travail ou alors si le brûleur est éteint, laissez le creuset refroidir graduellement ainsi il ne se fissurera pas. Cest cette technique que nous avons employée pour ne pas fendre plusieurs creusets.
Finalement, nous avons encore un accessoire très important sans lequel il est impossible de travailler. Cest le moule. Ce moule mentionné mainte fois par les Spagyristes et les Alchimistes contemporains, comme Fulcanelli et Canseliet vous servira à mouler le sujet en fusion et le laisser cristalliser lentement.
Cest un accessoire coûteux, car il est réalisé en acier inoxydable tourné dune seule pièce. Vous pouvez lobserver sur la photo et si vous voulez en commander un ou le faire réaliser auprès dun spécialiste vous pourrez voir les dimensions de lensemble présentées dans le tirage.
Lorsque vous travaillez au four le « cône » comme il est communément appelé doit toujours être placé fermé dans le four pour y être chauffé, avant un moulage le moule qui aura été préalablement légèrement chauffé sera enduit dhuile.
Il semble que nos anciens Maîtres nutilisaient pas cet accessoire et laissait la matière se solidifier dans le creuset, ensuite il le brisait pour en récupérer le contenu. Le moule évite cela et permet une parfaite cristallisation du sujet parce quil est métallique et épais et demande beaucoup plus de temps pour refroidir. Mais, dans des cas spécifiques, notamment dans lOeuvre Canonique, il y a suffisamment de raison pour laisser refroidir le creuset avec la matière dans le four et ensuite le briser pour en recueillir le contenu.
Il y a encore un autre petit accessoire qui est utilisé. Il sagit du couvercle du creuset. Les creusets ne doivent pas être utilisés sans couvercle, pour cette raison nous en avons fabriqué avec de la terre réfractaire que nous avons moulée, il est toutefois possible dacquérir des couvercles de poteries destinés à une autre fin et de les adapter à vos travaux. Mais généralement ils ne sont pas réalisés en terre réfractaire et se brisent fréquemment.
Vous aurez également besoin de quelques bols ou écuelles ordinaires en terre pour y mettre vos matières.
Par rapport au matériel de travail que vous êtes susceptibles d'utiliser, il ne vous manque plus rien. Installez votre four, faites lacquisition dassez de creusets, car s'ils ne sont pas de bonne qualité vous allez en endommager plusieurs ce qui fera que vous aurez de nombreux creusets hors service. Après cela vous serez fin prêt pour le travail.
Jusquà présent, nous vous avons parlé du matériel, abordons maintenant ce que dit un ancien Maître que nous respectons beaucoup au sujet de ce que doit être un Alchimiste.
Le Cosmopolite dans son livre Nouvelle Lumière Chimique Pour Servir dEclaircissement aux Trois Principes de la Nature Retz, Paris 1976, à la page 45 dit :
«Les scrutateurs de la Nature doivent être tels qu'est la Nature même : cest-à-dire vrais, simples, patients, constants, etc., mais, ce qui est le principal point, pieux, craignant Dieu et ne nuisant aucunement à leur prochain. Puis après, qu'ils considèrent exactement si ce qu'ils proposent est selon la Nature, sil est possible et faisable; et cela, qu'ils l'apprennent par des exemples apparents et sensibles; à savoir, avec quoi toute chose se fait, comment, et avec quel vaisseau.
Car si tu veux simplement faire quelque chose comme fait la Nature, suis-la; mais si tu veux faire quelque chose de plus excellent que la Nature ne fait, regarde en quoi et par quoi elle s'améliore et tu trouveras que c'est toujours avec son semblable.»
Albert le Grand dans Le Composé du Composé Arché Milano, 1974, à la page 52 dit :
«La nature doit servir de base et de modèle à la science, aussi lArt travaille d'après la Nature autant qu'il peut. Il faut donc que l'Artiste observe la Nature et opère comme elle opère.»
Nous pourrions comme cela transcrire encore plus de citations, mais nous ne pensons pas que ce soit nécessaire.
Une chose nous semble être fondamentale : Suivre la Nature. Nous avons toujours essayé de transposer ce principe dans nos opérations Alchimiques, mais, quels sont les moyens de suivre la nature dans les opérations Alchimiques. La seule réponse que nous avons trouvée et personne na pu nous en fournir une meilleure, en dépit du fait que nous avons posé cette question dans plusieurs Forums, cest daccomplir certaines opérations dans un temps déterminé de lannée où les « influences » extérieures sont manifestées avec une recrudescence dintensité.
Par rapport à la part de philosophie qui plaide en faveur du respect de lévolution spirituelle et physique que lArtiste accomplit sur lui-même, nous laissons ces considérations à ceux qui veulent les adopter.
Nous ne sommes ni matérialiste ni athée mais nous comprenons les choses sous un autre angle toujours en respectant les idées différentes des nôtres, même si nous ne sommes pas daccord avec elles.
Albert le Grand dans la préface du même livre, page 51 dit aussi :
«Je ne cacherai pas une science qui m'a été révélée par la grâce de Dieu, je ne la garderai pas jalousement pour moi seul, de peur d'attirer sa malédiction. Une science tenue secrète un trésor caché, quelle est leur utilité? La science que j´ai apprise sans façon, je vous la transmets sans regrets. Lenvie ébranle tout, un homme envieux ne peut être juste devant Dieu.
Je n'ai pas été envoyé vers tous, mais seulement vers ceux qui admirent le Seigneur dans ses uvres et que Dieu a Jugé dignes. Que celui qui des oreilles pour entendre cette communication divine recueille les secrets qui m'ont été transmis par la grâce de Dieu et qu'il ne les révèle jamais à ceux qui en sont indignes.»
Ce langage dhomme déglise, nest pas étrange, car ce Grand Maître fut en 1260, Evêque de Ratisbonne, (ville dAllemagne, Land de Bavière)
Ce Maître nous donne à tous une grande leçon dhumilité et de charité, quelle tristesse de voir en effet dans les Forums dAlchimie certains se parer des meilleurs attributs en sautoproclamant « Maître ».
Je ne me réfère pas aux « écrits » qui sont faits dans les Forums parce quà ce sujet le Maître est très clair et nous avertit quil ne transmet pas sa connaissance à ceux qui en sont indignes. Nous ne voulons pas dire par là que ceux qui participent aux Forums sont indignes, au contraire ce sont des personnes intéressées par lAlchimie et qui dordinaire ne sont pas attirés par les débats de nature oiseuse.
Ce que nous pensons cest que certains « secrets » doivent être uniquement révélés à ceux qui sont dignes de les recevoir et qui ont fait leur preuve. Pour un véritable Alchimiste, il est très facile de savoir quand il est en face dun Alchimiste et là s'il refuse de laider il naccomplit pas la continuité de la tradition. Quelques frères ne respectent pas cela et mettent fallacieusement en avant leur serment de silence.
Chacun est libre de faire ce quil ressent et nous ne pouvons censurer quiconque pour cela. Pour notre part, nous aiderons quand cela sera possible ceux qui seront jugés méritants. En ce domaine, nous navons jamais été déçu, jamais, quoique il y a quelque temps nous ayons été censuré par certains frères pour avoir été trop charitable.
Laissons cela de coté et occupons nous du travail en relation avec la voie sèche
Vous devez inévitablement avoir connaissance de la matière avec laquelle il faut travailler, le Sujet minéral, est un Acolyte métallique et un assistant salin.
Fulcanelli fait beaucoup référence à cette matière - quelques-uns plus charitablement que dautres. Philalèthe aussi, dans LEntrée Ouverte du Palais Fermé du Roi et dans Moelle dAlchimie et Flamel dans Le Brévière ou Testament fond des références plus charitables concernant le Sujet minéral.
Nous commencerons aussi par notre Sujet minéral appelé Dragon noir ou Loup gris. De nombreux Maîtres lont identifié et y compris Fulcanelli et pour induire en erreur les non-spécialistes dirent et affirmèrent que ce nétait pas là, la matière de lOeuvre « plusieurs fois nous lavons trouvé rangé parmi les corps rejetés ou trouvés impropres pour lOeuvre »
Les Demeures Philosophales, A Paris, chez Jean-Jacques Pauvert, 1965, Tome Premier, La Salamandre de Lisieux, page 166 et 167:
«Son nom traditionnel, pierre des philosophes, dépeint assez ce corps pour servir de base utile à son identification. Il est, en effet, véritablement pierre, parce qu'il présente, au sortir de la mine, les caractères extérieurs communs à tous les minerais. C'est le chaos des sages, dans lequel les quatre éléments sont enfermés, mais confus et désordonnés. C'est notre vieillard et le père de métaux, ceux-ci lui devant leur origine, puisqu'il représente la première manifestation métallique terrestre On l'appel encore dragon noir couvert d'écailles, serpent venimeux, fille de Saturne et «la plus aimée de ses enfants». Cette substance primaire a vu son évolution interrompue par interposition et pénétration d'un soufre infect et combustible, qui empâte le pur mercure, le retient et le coagule. Et, bien qu'il soit entièrement volatil, ce mercure primitif, corporifié sous l'action siccative du soufre arsenical, prend l'aspect d'une masse solide, noire, dense, fibreuse, cassante, friable, que son peu d'utilité rend vile, abjecte et méprisable aux yeux des hommes
C'est la raison pour laquelle ils ont dépeint symboliquement leur matière en son premier être sous la figure du monde, qui contenaient en soi les matériaux de notre globe hermétique ou microcosme, assemblés sans ordre, sans forme, sans rythme ni mesure.
La matière philosophale est donc d'origine minérale et métallique.»
Cette description sadapte parfaitement à notre Sujet minéral et représente les principales caractéristiques permettant aux enfants de lArt de lidentifier. Il nest pas nécessaire dêtre un fin connaisseur en minéraux pour savoir quel est ce minéral.
Les Maîtres nous ont dit que cétait un minéral de couleur noire et qui « a vu son évolution interrompue par interposition et pénétration d'un soufre infect et combustible, qui empâte le pur mercure, le retient et le coagule »
Notre Maître nous dit que les minéraux se développaient au cur de la terre jusquà ce quils parviennent à létat dor. Nous ne savons pas si cest réellement cela qui se réalise ou même si quelquun peut vraiment le savoir. Oui, nous savons, que notre Sujet est de couleur noire et quil est couvert décailles quil a été incorporé par un soufre combustible et imparfait.
Cela nous donne en soi de précieuses indications cest un sulfure de couleur noire avec des écailles.
Il est encore appelé : serpent, poisson, fille de Saturne. Nos Maîtres considéraient ce minéral comme étant fils de Saturne, pour ses apparences et caractéristiques générales. Le minerai correspondant à Saturne, est connu de tous comme étant le galène.
Dautres Maîtres lappellent Dragon noir ou comme Basile Valentin Loup gris.
Le Maître finalement nous dit que son symbole est le Monde ce qui revient à dire de la Terre qui est représentée par le Globe cruciforme.
Si vous consultez les symboles de Spagyrie ou dAlchimie vous apprendrez immédiatement de quel minéral il sagit.

Beaucoup dentre vous le connaissent déjà, mais cela ne nous dispense pas de la description donnée par nos Maîtres, aussi bien en ce qui concerne la matière que le modus operandi lesquels correspondent à la réalité, nous savons comme cela quun plus grand nombre pourra comprendre.
Vous connaissez déjà notre sujet minéral, mais beaucoup dentre vous ne connaissent sans doute pas son acolyte métallique.
Alchimiquement notre sujet a incorporé un mercure pure comme nous le dit le Maître, mais il manque complètement de soufre Alchimique parce que le soufre chimique dont nous savons déjà quil en possède est aussi un sulfure minéral.
Alors quel sera son acolyte métallique? Nous regarderons ce que le Maître nous dit dans Les Demeures Philosophales, mais nous aurons probablement à rechercher de laide auprès de Philalèthe dans ses ouvrages : Moelle de lAlchimie et LEntrée Ouverte du Palais Fermé du Roi, mentionnés par Fulcanelli.
Les Demeures Philosophales, La Salamandre de Lisieux, page 174.
Ce feu pur, de même essence que le soufre spécifique de l'or, mais moins digéré, est, par contre, plus abondant que celui du métal précieux. C'est pourquoi il s'unit aisément au mercure des minéraux et métaux imparfaits. Philalèthe nous assure qu'on le trouve caché au ventre d'Aries, ou du Bélier, constellation que parcourt de soleil au mois d'avril. Enfin, pour le désigner mieux encore, nous ajouterons que ce Bélier « qui cache en soi l'acier magique » porte ostensiblement sur son écu l'image du sceau hermétique, astre aux six rayons. C'est donc dans cette matière très commune, qui nous paraît simplement utile, que nous devons rechercher le mystérieux feu solaire, sel subtil et soufre spirituel »
La Moelle de lAlchimie, Codex presse, 1990, premier livre, pages 47 et 48
« vous devez chercher le soufre dans la maison d'Aries, cest le feu magique des Sages. »
« À vrai dire, cela semble étrange, quun métal aussi solide et fixe capable de résister aux formidables coups de Vulcain, qui ne se laisse pas attendrir par les épreuves, ni mélanger par le flux avec un quelconque métal, sera malgré tout pénétré par la liqueur qui par notre Art le fera rétrograder »
« D'ailleurs, Aries est connu pour être la Maison du puissant Mars, dans laquelle tous les artistes qui commencent leur Oeuvre se situent et que peut-on dire de plus évident? Ils ne sont sûrement pas aussi ignorants au point de croire quun sens caché est celé dans ce travail, qui jusquici ne fut jamais clairement expliqué. »
« Grâce à lui nous labourons nos terres, moissonnons nos récoltes, taillons, cuisons et coupons nos aliments et nos fers à chevaux sont faits avec lui, il est utilisé pour beaucoup dautres usages dune façon méprisable sur la planète, on le trouve dans les vieux bouts de clous. Qui par leur rareté valent la peine dêtre découverts, par-là il peut être estimé vil. »

Fulcanelli nous dit que le soufre Alchimique se trouve en abondance dans la matière commune et dusage courant, disons aussi que Philalèthe affirme quelle se rencontre dans le sein dAries ou de mars, ce qui signifie la même chose, voulant dire ainsi, dans un métal qui correspond radicalement à Ariès ou Bélier et à la planète Mars »
Il est normal pour quelquun ne connaissant pas le travail à accomplir davoir une interprétation fausse, Fulcanelli disait que presque toujours les textes ne sont pas très clair mais aussi pour ne laisser demeurer aucun doute sur nos explications, nous aurons aussi recours à un texte de Philalèthe qui sy réfère.
Philalèthe nous a dit quil était bien étrange de voir un minéral si dur et fixe être rétrogradé, retourner ainsi à létat de sulfure initial par le pouvoir de pénétration de notre minéral.
A la fin de la séparation, le métal acolyte est réellement rétrogradé, il est, artificiellement transformé en sulfure, avec la même désignation chimique que le métal duquel Mars peut être extrait.
Après ce que nous avons décrit il nous semble quil ne devrait pas nous être, difficile de savoir quel est lacolyte métallique de notre sujet qui permettra la séparation.
Lorsque vous connaîtrez les deux principaux protagonistes de la voie sèche il vous faudra encore connaître lagent salin, sans lequel il vous serait impossible de réaliser la séparation et les autres opérations qui en découlent.
Fulcanelli nest pas très charitable dans la description de lagent salin par conséquence, nous préférons le décrire sur la base de la description quen donne son disciple Eugène Canseliet dans lAlchimie Expliquée sur ses Textes Classiques, pages 167 et 172.
« Quel est donc ce sel blanc qu'il faut employer, préférablement, cristallisé en neige, et qui aisément mêlé à notre minéral et à notre métal, eux-mêmes divisés, l'un en poudre, l'autre en limaille ?
Si nous avons dit qu'il est double, nous n'avons point entendu que ce fût sans combinaison chimique, comme c'est le cas, par exemple, pour le sel de Seignette, dit encore de La Rochelle, qui est un tartrate de sodium et de potassium, et qui, par simple calcination, restitue les deux carbonates, de soude et de potasse.
Notre sel, ou si l'on préfère, notre fondant, est double parce qu'il est physiquement composé de l'addition ana de deux sels différents.»
Le miséricordieux Flamel attire notre attention sur le revêtement des vieux tonneaux en chêne, lesquels sont de nos jours remplacés par datroces cuves en ciment incapables de servir de support à linestimable tartre.
Canseliet est clair, pour ceux qui ont déjà connaissance de lArt, mais plusieurs dentre vous nont peut-être pas perçu ce que le Maître a voulu expliquer.
Il dit quil ne sagissait pas dun double sel chimique comme le sel de Seignette, mais composé de laddition « ana » (en part égale) de deux différents sels : lun exactement désigné par son nome et préparé selon lArt par leau céleste et lautre recueilli sur les parois intérieures des tonneaux à vin et préparé ensuite selon les principes de lArt.
Si vous êtes, suffisamment intelligents vous saurez quels sont ces sels parce que dès à présent nous expliquons dans un texte que vous trouverez dans notre URL où ils sont préparés canoniquement.
Vous connaissez déjà toutes les matières nécessaires pour débuter la voie sèche, le Sujet minéral, son métal Acolyte et les deux Agents Salins. Maintenant il n vous reste plus quà parfaitement préparer tout ce quil faut pour démarrer le travail, cest-à-dire acquérir le Sujet minéral, chercher le métal et préparer les sels respectifs.
Dans LAlchimie Expliquée sur ses Textes Classiques, Canseliet décrit minutieusement de quoi se compose cette voie ainsi vous saurez comment la comprendre.
Rubellus Petrinus