Jean-Julien Champagne
LES FULCANELLI
Dans notre URL, intitulé: " - Fulcanelli la Voie Sèche - " nous avons exposé en détail qui a été Fulcanelli, ce dans les mêmes termes, que ceux avancés par Geneviève Dubois, dans son excellent livre Fulcanelli Dévoilé, éditions Dervy, 91, bd Saint-Germain, 75006 Paris. Fulcanelli est le pseudonyme de Jean-Julien Champagne. À cette époque-là, il fréquentait la librairie du Merveilleux, propriété de Pierre Dujols, où un groupe dalchimistes célèbres, tels que René Schwaller de Lubicz : Henry Coton Alvart, Jean-Julien Champagne, Celli et encore d'autres, se réunissaient. Pierre Dujols était le maître de Coton et lami de Champagne. Cest ce dernier, qui à la mort de Pierre Dujols, prit possession de ses manuscrits alchimiques et coupa les ponts avec l'épouse de Dujols.
Jean-Julien Champagne a livré les manuscrits des Les Demeures Philosophales à son disciple Eugène Canseliet pour les éditer sous le pseudonyme de Fulcanelli, sans dire qu'ils provenaient de Pierre Dujols. Eugène Canseliet a toujours appelé Champagne " mon maître ". Pour récapituler: Jean-Julien Champagne se fait passer pour Fulcanelli aux yeux de Canseliet et de Boucher, mais c'était toujours en réalité Pierre Dujols qui était linstigateur de tout.
Dans les textes de Fulcanelli il y a des écrits de Schwaller, Coton et Champagne. Il sy trouve aussi majoritairement des écrits de Pierre Dujols, parce, il était sans doute le pivot central de tout le groupe de Schwaller. Il y avait de plus une " cabale " mise en place, en vue de faire passer Jean-Julien Champagne pour Fulcanelli.
Tout ceci a été confirmé dans louvrage Fulcanelli Dévoilé, un livre écrit par Me. Geneviève Dubois, à qui nous adressons nos remerciements.
Après cette petite introduction, nous parlerons alors du livre le plus célèbre de Fulcanelli Les Demeures Philosophales.
Il n'y a aucun doute que ce livre (l'édition en français se présente en deux tomes) est le plus connu et le plus apprécié par les étudiants en alchimie du monde entier. C'était par lui que nous avons commencé, comme d'autres l'ont fait avant nous, et tel queux inévitablement, nous avons perdu des années à essayer de dévoiler ce que ces alchimistes (principalement Pierre Dujols) avaient écrit en langage symbolique.
Pierre Dujols était un érudit possédant une grande connaissance du Grec, du Latin, de la mythologie, de lalchimie symbolique et pratique. Ses écrits sont fortement orientés vers le symbolisme conventionnel alchimique, laissant parfois une place secondaire au travail pratique de laboratoire.
Jean Julien Champagne qui sest emparé des écrits de Dujols les communique à Canseliet pour les publier, ce dernier entreprit aussi plus tard de parfaire son érudition en Latin et Grec, bien qu'à ce moment-là il ait été le " binjamin " du groupe Fulcanelli.
Ses connaissances sont mises en évidence dans ses livres, particulièrement dans L'Alchimie Expliquée Sur Ses Textes Classiques (que nous considérons comme étant son meilleur livre). Dans cet ouvrage le Maître décrit symboliquement, et avec une charité peu commune le modus operandi de la voie sèche de l'antimoine, pour qui a déjà une certaine connaissance et expérience de l'Art.
A lopposé, le livre Les Demeures Philosophales, est un ouvrage où plusieurs voies alchimiques comme la voie humide et la voie des amalgames sont partiellement décrites et principalement de façon symbolique, de tel manière que pour un débutant le texte devient un véritable labyrinthe sans sortie.
Ce livre est néanmoins fréquemment cité par les étudiants de l'art dans les multiples forums d'alchimie. Chacun semble accepter l'interprétation qui semble la plus adéquate, parce qu'ils prennent le texte littéralement, mais ces interprétations n'ont vraiment aucune valeur dans la pratique.
Les Demeures Philosophales, comme nous lavons déjà dit, est un amalgame des multiples voies alchimiques; parfois intentionnellement contradictoire, dispersé dans tout le livre sans ordre ni séquence en accord avec les descriptions symboliques qui avaient été faites des sculptures ou des images trouvées dans les demeures visitées par les auteurs.
Nous savons que Pierre Dujols, Champagne et Canseliet travaillaient la voie sèche de l'antimoine. Louvrage Les Demeures Philosophales est principalement une description symbolique de cette voie alchimique.
La compréhension de ce livre n'est pas facile pour ceux qui ne connaissent pas le symbolisme. Il est presque impossible à ceux qui ignorent le modus operandi de la voie sèche de trouver dans ce livre les séquences de cette voie.
Comme dans beaucoup d'autres livres d'alchimie où le symbolisme se superpose à la pratique, les auteurs de ce livre n'ont pas été très charitables. La plus grande vertu de louvrage est l'érudition de l'auteur principal, Pierre Dujols nous donne ainsi de nombreuses descriptions symboliques dune valeur inestimable. La bibliographie est également une boussole précieuse qui nous dirige vers plusieurs excellents livres d'autres alchimistes classiques qui sont essentiels pour d'autres études de l'art.
Les auteurs ne cachent pas cette difficulté d'interprétation des livres d'alchimie, comme nous le voyons dans le texte de l'édition en Français des Demeures Philosophales, A Paris, chez Jean-Jacques Pauvert, éditeur, 1965.
L'Alchimie
Pg.101. « L'alchimie n'est obscure que parce qu'elle est cachée. Les philosophes qui voulurent transmettre á la postérité 1'exposé de leur doctrine et le fruit de leurs labeurs se gardèrent bien de divulguer 1'art en le présentant sous une forme commune, afin que le profane n'en pût mésuser. Aussi, est-ce par sa difficulté de compréhension, par le mystère de ses énigmes, l'opacité de ses paraboles que la science s'est vu reléguer parmi les rêveries, les illusions et les chimères.Certes, ces vieux bouquins aux tons bistrés ne se laissent pas aisément pénétrer. Prétendre les lire á la manière des nôtres serait s'abuser. Cependant, 1'impression première qu'on en reçoit, pour étrange et confuse qu'elle paraisse, n'en reste pas moins vibrante et persuasive. On y devine, á travers le langage allégorique et 1'abondance d'une nomenclature équivoque, ce rayon de vérité, cette conviction profonde née de faits certains, dûment observés et qui ne doivent rien aux spéculations fantaisistes de 1'imagination pure. »
Pg.151. « En résumé, la science alchimique, d'une extrême simplicité dans ses matériaux et dans sa formule, reste cependant la plus ingrate, la plus obscure de toutes, eu égard á la connaissance exacte des conditions requises, des influentes exigées. C'est la qu'est son côté mystérieux, et c'est vers la solution de ce problème ardu que convergent les efforts de tous les fils d'Hermès. »Les méthodes pour voiler la science sont encore à ce jour, efficace. Tous les efforts des étudiants en alchimie qui lisent Fulcanelli convergent sur ce point, mais malheureusement, dans la plupart des cas, leurs connaissances sont insuffisantes pour interpréter le symbolisme des textes et la façon de les adapter à la pratique. C'est souvent en raison d'idées préconçues que leur compréhension devient plus difficile, prenant ainsi " lesdites spéculations philosophiques " pour une interprétation véridique des textes.
La précédente lecture dautres livres d'alchimie et aussi parfois la croyance en des connaissances alchimiques incorrectement acquises contribueront à entretenir ou à faire naître les erreurs, comme cela est expliqué dans le texte suivant:
Pg.186. «Défiez-vous donc de faire intervenir, en vos observations, ce que vous croyez connaître, car vous seriez amené á constater qu'il eût mieux valu n'avoir rien appris plutôt que d'avoir tout á désapprendre. Ce sont là, peut-être, des conseils superflus, parce qu'ils réclament, dans leur mise en pratique, l'application d'une volonté opiniâtre dont les médiocres sont incapables. Nous savons ce qu'il en coûte pour troquer les diplômes, les sceaux et les parchemins contre 1'humble manteau du philosophe. II nous a fallu vider, á vingt-quatre ans, ce calice au breuvage amer. Le cur meurtri, honteux des erreurs de nos jeunes années, nous avons dû brûler livres et cahiers, confesser notre ignorance et, modeste néophyte, déchiffrer une autre science sur les bancs d'une autre école. Aussi, est-ce pour ceux-là qui ont eu le courage de tout oublier, que nous prenons la peine d'étudier le symbole et de le dépouiller du voile ésotérique. »
Comme vous le verrez dans la numérotation des pages dans Les Demeures Philosophales rien ne suit un ordre logique vous permettant d'étudier facilement ! C'était exactement le travail de recherche que nous nous proposons deffectuer, relisant les textes, que nous avons lus il y a plus de trente ans dans leur édition Française en les plaçant dans l'ordre chronologique de la voie sèche qui était celle que Fulcanelli et son disciple Canseliet avaient pratiquée. Néanmoins beaucoup d'étudiants moins instruits dans l'Art n'ont pas admis la nécessité de ce travail soigneux, parce qu'ils ne comprenaient pas vraiment ces textes.
La seule raison qui nous rendit cette entreprise possible était qu'il y a plusieurs années, nous avions avec succès accompli la voie sèche jusqu'à l'étape des " Aigles " ou de la Sublimation. Comme la plupart de ceux qui essayent, cette voie nous avons pris à ce stade un faux chemin, en raison de nos erreurs de spéculation sur la signification des textes.
Nous commencerons par la description du Sel ou feu secret de la voie sèche. Cette description a été faite dans l'avant-propos de Canseliet, et c'était la plus sincère et la plus charitable que nous avons trouvé dans le livre. L'auteur (les auteurs) des Demeures Philosophales inclut des descriptions du feu secret qui se rapportent à d'autres voies alchimiques, mais il fait cela d'une manière obscure. Apparemment l'aspect pratique de la voie décrite ou du sel lui-même, n'a pas été clairement compris.
Au commencement de nos études en alchimie, nous avons pensé que le feu secret était universel et commun à toutes les voies alchimiques. Après de nombreuses années d'expérience pratique, nous avons constaté que cétait une idée fausse. En alchimie opérative, le feu secret est l'agent qui permet la séparation ou la dissolution (sèche ou humide) des matières impliquées, il sera donc différent dans chaque voie.
Pg. 32-33. « Parmi les sels qui se montrent idoines à entrer dans la composition du feu secret et philosophique, le salpêtre semblerait devoir tenir une place importante. Du moins l'étymologie le ferait-elle présumer. En effet, le grec nitron - nitron - qui désigne l'azotate de potasse et vulgairement le nitre, tire son origine de uiptv - niptô - ou uizj - nizô - laver; or, on sait que les Philosophes recommandent de laver avec le feu. Toutes leurs purifications, toutes leurs sublimations sont faites à l'aide de lavages ignés, de laveures, selon que l'écrit Nicolas Flamel. D'autre part, le salpêtre, lorsqu'il agit au contact des matières en fusion, en «fusant», se transforme partiellement en carbonate de potassium; il "s'alcalise". Le carbonate était jadis appelé sel de tartre, et le tartre se dit, en grec, trugx - trux - avec la signification de lie de vin, scorie, sédiment. Ce substantif a pour racine le verbe trugj - trugô - dessécher, sécher, qui exprime l'action même du feu, et l'on pourrait, au surplus, le comparer, de manière fort suggestive, au français familier truc, ayant le sens de procédé caché, de moyen adroit ou subtil. Le truc de l'uvre résiderait ainsi dans l'application du sel de tartre provenant de l'attaque du nitre, considéré comme la substance ou comme l'un des composants du feu secret que les alchimistes réservèrent si rigoureusement dans leurs traités. »Voila ici une description charitable du feu secret de la voie sèche, écrite par Canseliet dans un des avant-propos aux Demeures Philosophales.
Pour ceux qui ont quelques connaissances en Spagyrie, et savent comment préparer ces deux sels canoniques, la compréhensions de ce texte sera extrêmement facile. Pour être charitable à ceux qui n'ont pas cette connaissance ou l'expérience nécessaire pour comprendre ce texte, nous pouvons expliquer que ce feu secret se compose de deux sels différents, dont un est le salpêtre et lautre le sel végétal du vin - ces deux agents sont combinés en parties égales. Ces deux sels devront être traités spagyriquement et cristallisés avec la rosée pour devenir canoniques et adaptés au travail de la voie sèche comme l'Art lexige.
Après avoir acquis la connaissance du feu secret de voie sèche, nous avons besoin de savoir quel sera le sujet minéral de cette voie. Nous avons souvent assisté à beaucoup de polémiques au sein des forums d'alchimie en ce qui concerne l'identification du sujet minéral de la voie sèche.
Comme avec le feu secret, au commencement de nos études, nous avions pensé qu'il y aurait une matière universelle commune à toutes les voies. Cette erreur était également due à notre mauvais entendement des livres de Fulcanelli. En réalité les choses ne se passent pas de cette manière: chaque voie alchimique implique une matière appropriée. Dans la voie humide la matière ou le sujet est différent de celui de la voie sèche et il y a de plus diverses voies humides employant différentes matières.
Nous allons maintenant voir, quelle est la matière première ou sujet minéral de la voie sèche, tel quil est décrit dans Les Demeures Philosophales, afin de faciliter son identification par les débutants dans l'Art.
Pg.166-167-168. « Son nom traditionnel, pierre des philosophes, dépeint assez ce corps pour servir de base utile á son identification. II est, en effet, véritablement pierre, parce qu'il présente, au sortir de la mine, les caractères extérieurs communs á tous les minerais. C'est le chaos des sages, dans lequel les quatre éléments sont enfermés, mais confus et désordonnés. C'est notre vieillard et le père des métaux, ceux-ci lui devant leur origine, puisqu'il représente la première manifestation métallique terrestre. C'est notre arsenic, la cadmie, 1'antimoine, le blende, la galène, le cinabre, le colcothar, 1'aurichalque, le réalgar, 1'orpiment, la calamine, la tuthie, le tartre, etc. Tous les minerais, par la voix hermétique, lui ont apporté 1'hommage de leur nom. On 1'appelle encore dragon noir couvert d'écailles, serpent venimeux, fille de Saturne et «la plus aimée de ses enfants». Cette substance primaire a vu son évolution interrompue par interposition et pénétration d'un soufre infect et combustible, qui en empâte le pur mercure, le retient et le coagule. Et, bien qu'il soit entièrement volatil, ce mercure primitif, corporifié sous 1'action siccative du soufre arsenical, prend 1'aspect d'une masse solide, noire, dense, fibreuse, cassante, friable, que son peu d'utilité rend vile, abjecte et méprisable aux yeux des hommes. Dans ce sujet, - parent pauvre de la famille des métaux, - l'artiste éclairé trouve cependant tout ce dont il a besoin pour commencer et parfaire son grand ouvrage, car il y entre, disent les auteurs, au début, au milieu et á la fin de 1'uvre. Aussi, les Anciens 1'ont-ils comparé au Chaos de la Création, où les éléments et les principes, les ténèbres et la lumière se trouvaient confondus, entremêlés et hors d'état de réagir les uns sur les autres. C'est la raison pour laquelle ils ont dépeint symboliquement leur matière en son premier être sous la figure du monde, qui contenait en soi les matériaux de notre globe hermétique ou microcosme, assemblés sans ordre, sans forme, sans rythme ni mesure.Notre globe, reflet et miroir du macrocosme, n'est donc qu'une parcelle du Chaos primordial, destinée, par la volonté divine, au renouvellement élémentaire dans les trois règnes, mais qu'une suite de circonstances mystérieuses a orientée et dirigée vers le règne minéral. Ainsi informé et spécifié, soumis aux lois régissant 1'évolution et la progression minérales, ce chaos devenu corps contient confusément la plus pure semence et la plus proche substance qu'il y ait des minéraux et des métaux. La matière philosophale est donc d'origine minérale et métallique. Partant, il ne la faut chercher qu'en la racine minérale et métallique, laquelle, dit Basile Valentín au livre des Douze Clefs, fut réservée par le Créateur et promise á la génération seule des métaux. »
Pour ceux qui ont quelques connaissances en minéralogie, l'identification du minerai est très facile, parce que ses caractéristiques physico-chimiques ont été décrites ci-dessus. Ces caractéristiques sont confirmées par l'allégorie et la symbolique alchimique mais, pour cette dernière, il vous faut avoir connaissance des signes alchimiques conventionnels, laquelle est à acquérir à partir d'autres livres.
Fulcanelli a dit que notre sujet est un minéral "parent pauvre" dans la famille des métaux, qui a vu son évolution interrompue par l'interposition et la pénétration dun soufre infect et combustible qui empâte son pur mercure, le retenant et le coagulant. Que c'est le fils de Saturne, volatil, solide, noir, fibreux, fragile, friable, dont le manque d'utilité le rend vil, et sans valeur aux yeux des hommes.
Cette description du sujet minéral serait plus que suffisante, pour que chacun de vous identifie le sujet minéral de la voie sèche.
Nous ajouterons cependant, un texte très suggestif de Philalèthe: La moelle de l'alchimie pour aider à lidentification de notre sujet :
La Moelle D'Alchimie
« La substance que nous prenons premièrement en nos mains, est un minéral semblable au Mercure, quun soufre cru a cuit dans la Terre ; et il est appelé lEnfant de Saturne, qui en vérité apparaît vil à la vue, mais est glorieux à lintérieur ; il a la couleur du sable, avec des veines dargent mélangées à son corps, dont les lignes étincelantes sont souillées par le soufre co-né (né en même temps) ; il est entièrement volatil et non fixe ; pris dans sa crudité native, il purge toutes les superfluités du Soleil ; il est dune nature vénéneuse, et beaucoup en abusent en médecine ; si ses éléments par lArt sont déliés, lintérieur en apparaît très resplendissant, qui alors flue dans le feu comme un métal, et aussi, il ny a rien dautre de nature métallique qui soit plus cassant. »
Ainsi Philalèthe dans La moelle de l'alchimie nous dit que notre sujet minéral est le fils de Saturne, quil est couleur de sable (sable dans le langage héraldique signifie la couleur noire) avec les veines argentées, il possède un corps dont le scintillement est souillé par un soufre co-né, volatil et que dans sa crudité native il purge le soleil de ses superfluités.
Mais, voyons encore ce que Canseliet nous dit dans Les avant-propos de Les Demeures Philosophales, de sorte que nous puissions identifier avec précision et sans hésitation, notre sujet:
Pg.21. «On y méditera le saisissant rapprochement cabalistique établi par notre Maître, entre le lièvre et la matière brute du Grand uvre, "écailleuse, noire, dure et sèche", dont la boule crucifère, proliférant au sein du feuillage révélateur, ramenée à son schéma linéaire, donne le symbole graphique propre aux anciens traités. C'est alors l'indication de la Terre, qu'il s'agisse, nous l'avons dit, du Chaos primordial de la Création alchimique ou du globe macrocosmique qui fait partie des sept planètes du Ciel des astrologues. »
Canseliet, en plus de nous confirmer que notre matière est noire, écailleuse et sèche, comme nous lavons déjà vu, nous dit quelle se rapporte " à la boule crucifère " ou " le globe macrocosmique ", comme le fait Fulcanelli dans la description du minerai aux pages 166 - 168. " Cest pour cette raison qu'ils ont symboliquement représenté leur matière en son premier être comme l'image du monde qui a contenu en soi les matériaux de notre globe hermétique ou microcosme, assemblé sans ordre, sans forme, sans rythme ou mesure ".
Pour l'étudiant attentif et ceux qui sont modérément versés dans la métallurgie et les signes alchimiques conventionnels, notre sujet minéral se fait connaître de lui-même avec une telle évidence qu'il est pratiquement impossible de ne pas découvrir ce qu'est ce minéral.
Au-delà des caractéristiques physico-chimiques du sujet minéral qui sont évidentes, nous avons clairement montré qu'il est un sulfure, noir, fragile, friable, et fibreux, dont l'éclat est souillé par un soufre combustible. Nous avons montré qu'il a les propriétés pour purger (nettoyer) le soleil (or) de ses superficialités, tel que cela est enseigné dans les anciens traités de spagyrie, comme dans louvrage de Basile Valentine : Les Douze Clefs de la Philosophie. Dans la Primière Clef, cet auteur nous dit également qu'il est représenté par un globe crucifère qui représente le monde.
N'importe quel étudiant en alchimie qui a consulté une table des symboles spagyriques (voir dans notre URL) vérifiera que le symbole globe crucifère correspond à l'antimoine. Notre sujet minéral dans cette voie, nous dirons de plus, avec la plus grande honnêteté et charité, sans désir de cacher quoique ce soit, quil sagit donc de l'antimoine sous sa forme minérale, autrement dit, la stibine.
Pg. 152 II. « C'est dire quelle est son importance, le soin qu'il faut apporter à l'étude des signes extérieurs et des qualités capables d'en permettre l'identification, de faire reconnaître et distinguer le sujet hermétique entre les multiples minéraux que la nature met à notre disposition. »
L'évidence, comme nous lavont déjà dit, simpose de telle manière, qu'elle ne laisse aucune place pour le doute. Quelques étudiants en alchimie, disent cependant, que Fulcanelli affirme cela péremptoirement, et nous verrons dans les textes suivants, que l'antimoine n'est pas le sujet de notre Art, mais relisez la fin de son texte, ce que Philalèthe enseigne, il dit que ce n'est pas proprement un minerai, etc mais une substance avec les caractéristiques minérales décrites ci-dessus.
Pg.285. « Et si Basile Valentín donne á celui-ci le surnom de pèlerin ou de voyageur (stiideux) parce qu'il doit, nous dit-il, traverser six villes célestes avant de fixer sa résidence dans la septième; si Philalèthe nous assure que lui seul est notre voie (stidic), ce ne sont pas là des raisons suffisantes pour invoquer que ces maîtres ont prétendu désigner l'antimoine vulgaire comme générateur du mercure philosophique. Cette substance est trop éloignée de la perfection, de la pureté et de la spiritualité que possède l'humide radical ou semence métallique, - qu'on ne saurait d'ailleurs trouver sur terre, - pour nous être vraiment utile. L'antimoine des sages, matière première extraite directement de la mine, «n'est pas proprement minéral et moins encore métallique, ainsi que nous 1'enseigne Philalèthe; mais, sans participer de ces deux substances il tient le milieu entre l´une et l´autre. Il n'est pas néanmoins corporel, puisque entièrement volatile; il n'est point esprit, puisqu'il se liquéfie dans le feu comme un métal. C´est donc un chaos qui tient lieu de mère á tous les métaux. »Lallusion que Fulcanelli fait au pèlerin ou au voyageur " parce que Valentin a dit, de croiser six villes célestes avant fixer sa résidence dans la septième " à notre avis, et face à l'évidence, comme il est dit dans la première clef Des Douze Clefs de la Philosophie, Valentin note que Saturne est la septième planète alchimique, et qu'il a comme but dépurer l'or dans une coupelle avec Saturne (plomb) après être épuré par l'antimoine ou le loup gris.
Pg.283. « Ces considérations, basées sur une correspondance exacte de mots, n'ont pas échappé aux vieux maîtres ni aux philosophes modernes, lesquels, en les appuyant de leur autorité, ont contribué à répandre cette erreur néfaste que l'antimoine vulgaire était le mystérieux sujet de l'art. Confusion regrettable, obstacle invincible contre lequel se sont heurtés des centaines de chercheurs. »
Nous avons vu que Philalèthe dans la Moelle de l'Alchimie identifie parfaitement notre minerai comme étant le minerai d'antimoine (stibine) ainsi donc, les commentaires de Fulcanelli n'ont ici aucun sens.
Ce sont des affirmations de cette nature faites par Fulcanelli qui contredisent les descriptions et les caractéristiques du sujet mirerai alors quil a été clairement indiqué avant cela avec clarté. Ceci semble être une manière intentionnelle de laisser beaucoup d'étudiants dans le doute, induisant par là même une erreur qui rend les textes difficiles à comprendre. Canseliet à ce propos nous dit :
Pg.22. « Disons-le tout net: La matière des travaux alchimiques s'offre, s'impose même, avec tant d'évidence, qu'il n'est pas d'auteur, fût-il le plus sincère, qui ne s'en soit montré « envieux », qui n'en ait tu, voilé ou faussé le choix, jusqu'à écrire le nom vulgaire de ce sujet, très réellement prédestiné, pour déclarer enfin qu'il n'est pas celui-là. »
En lisant convenablement ces commentaires, aucun doute ne devrait subsister celui qui se penche sur quelques livres d'alchimie, classiques ou dauteurs contemporains, y trouvera un comportement très semblable à ce qui vient dêtre dit. Bon nombre dauteurs donnent seulement le nom symbolique des sujets, un nom quil est difficile comprendre ou alors en donnent la description en employant son véritable nom, pour ensuite nous dire que c'est une erreur de considérer cette matière comme étant notre sujet. Cest cette sorte doccultation qui a été employée ici.
Nous savons déjà quel est le sujet minéral de la voie sèche, mais nous manquons toujours dinformations sur la deuxième matière qui permettra effectuer la Séparation ou l'extraction du mercure ou régule étoilé (petit roi) du minerai cru appelé aussi Dragon noir. Car cest après la Séparation, quil est alors possible d'extraire le Soufre ou terre Adamique.
Le Soufre
Pg. 174-175. « Ce feu spirituel, informé et corporifié en sel, c'est le soufre caché, parce qu'au cours de son opération il ne se rend jamais manifeste ni sensible à nos yeux. Et cependant ce soufre, tout invisible qu'il soit, n'est point une ingénieuse abstraction, un artifice de doctrine. Nous savons l'isoler, l'extraire du corps qui le recèle, par un moyen occulte et sous l'aspect d'une poudre sèche, laquelle, en cet état, devient impropre et sans effet dans l'art philosophique. Ce feu pur, de même essence que le soufre spécifique de l'or, mais moins digéré, est, par contre, plus abondant que celui du métal précieux. C'est pourquoi il s'unit aisément au mercure des minéraux et métaux imparfaits. Philalèthe nous assure qu'on le trouve caché au ventre d'Aries, ou du Bélier, constellation que parcourt le soleil au mois d'avril. Enfin, pour le désigner mieux encore, nous ajouterons que ce Bélier «qui cache en soi l'acier magique» porte ostensiblement sur son écu l'image du sceau hermétique, astre aux six rayons. C'est donc dans cette matière très commune, qui nous paraît simplement utile, que nous devons rechercher le mystérieux feu solaire, sel subtil et soufre spirituel, lumière céleste diffuse dans les ténèbres du corps, sans laquelle rien ne se peut faire et que rien ne saurait remplacer. »
Fulcanelli, dans ce texte, n'est pas assez charitable pour les étudiants en alchimie dans sa description de la deuxième matière. Mais pour ceux qui ont déjà connaissance de notre art, il lest assez. Il devient clair quand il dit: " ainsi il est dans cette matière très commune, qui peut nous sembler simplement utile, que nous devons rechercher le feu solaire mystérieux "
Dans les pages suivantes, Fulcanelli est plus charitable et se réfère, en langue presque claire, au nom commun de cette deuxième matière.
Pg.281. «Parmi les corps métalliques, celui qui renferme la plus forte proportion de /eu ou lumière latente, est le fer. On sait avec quelle facilité on peut en dégager, par le choc ou la friction, le feu interne sous forme d'étincelles brillantes. C'est ce feu actif qu'il importe de communiquer au sujet passif; lui seul a puissance d'en modifier la complexion froide et stérile, en la rendant ardente et prolifique. »
Pg.328-329. « Ici, ce n'est plus de l'aspect physique qu'il est question, mais bien de la préparation même du sujet. Révéler un secret de cet ordre et de cette importance serait franchir les limites qui nous sont imposées. Aussi, ne chercherons-nous pas, comme nous l'avons fait jusqu'ici, à commenter en langage clair la phrase équivoque et fort allégorique de Flamel. Nous nous contenterons d'attirer l'attention sur cette pointe de fer, dont la secrète propriété change la nature intime de notre Magnésie, sépare, ordonne, purifie et assemble les éléments du chaos minéral. Pour réussir cette opération, il faut bien connaître les sympathies des choses, posséder beaucoup d'habileté, faire preuve de «grande industrie», ainsi que l'Adepte nous le donne à entendre. »
L'investigateur attentif et sagace réussira facilement à découvrir la nature de cette deuxième matière, qui unie à notre minerai par le feu secret permettra de Séparer, du sujet minéral, le mercure ou Régule étoilé qui sera plus tard épuré.
Après la séparation, cette matière est transformée en Caput et plus tard en terre Adamique, de laquelle le soufre alchimique est extrait.
Nous pourrions expliquer avec détail cette opération (qui devra être faite dans un creuset de terre réfractaire, en utilisant un four de gaz avec des températures entre 800 et 1000 Cº) parce que nous l'avons exécuté plusieurs fois. Cependant, ceci, nest pas notre dessein, notre but, étant seulement de démontrer aux " amoureux " de Fulcanelli quils interprètent fréquemment incorrectement Les Demeures Philosophales, dans lesquelles Fulcanelli décrit principalement la voie sèche, qui a été exécutée sans succès par son disciple Canseliet.
La Séparation
Pg.193-194. « Si donc vous désirez posséder le griffon, - qui est notre pierre astrale, - en l'arrachant de sa gangue arsenicale, prenez deux parts de terre vierge, notre dragon écailleux, et une de l'agent igné, lequel est ce vaillant chevalier armé de la lance et du bouclier. Arhx, plus vigoureux qu' Aries, doit être en moindre quantité. Pulvérisez et ajoutez la quinzième partie du tout de ce sel pur, blanc, admirable, plusieurs fois lavé et cristallisé, que vous devez nécessairement connaître. Mélangez intimement ; puis, prenant exemple sur la douloureuse Passion de Nôtre-Seigneur, crucifiez avec trois pointes de fer, afin que le corps meure et puisse ressusciter ensuite. Cela fait, chassez du cadavre les sédiments les plus grossiers; broyez et en triturez les ossements; malaxez le tout sur un feu doux avec une verge d'acier. Jetez alors dans ce mélange la moitié du second sel, tiré de la rosée qui, au mois de mai, fertilise la terre, et vous obtiendrez un corps plus clair que le précédent. Répétez trois fois la même technique; vous parviendrez à la minière de notre mercure, et aurez gravi la première marche de l'escalier des sages. Lorsque Jésus ressuscita, le troisième jour après sa mort, un ange lumineux et vêtu de blanc occupait seul le sépulcre vide...»Pg.195. « Quand vous percevrez dans le vaisseau un bruit analogue à celui de l'eau en ébullition, - grondement sourd de la terre dont le feu déchire les entrailles, - soyez prêt à lutter et conservez votre sang-froid. Vous remarquerez des fumées et des flammes bleues, vertes et violettes, accompagnant une série de détonations précipitées...
L'effervescence passée et le calme rétabli, vous pourrez jouir d'un magnifique spectacle. Sur une mer de feu, des îlots solides se forment, surnagent, animés de mouvements lents, prennent et quittent une infinité de vives couleurs ; leur surface se boursoufle, crève au centre et les fait ressembler à de minuscules volcans. Ils disparaissent ensuite pour laisser place à de jolies billes vertes, transparentes, qui tournent rapidement sur elles-mêmes, roulent, se heurtent et semblent se pourchasser, au milieu des flammes multicolores, des reflets irisés du bain incandescent.
En décrivant la préparation pénible et délicate de notre pierre, nous avons omis de parles du concours efficace que doivent y apporter certaines influences extérieures. »
Dans la phase de la Séparation, le rapport des différentes matières indiquées par Philalèthe et par Flamel est peu différent du rapport avancé par Fulcanelli, lequel est donné de neuf parts de notre dragon ou Fils de Saturne et quatre parts de vaillant chevalier armé de la lance et du bouclier, ou pour être charitables, de Mars et la quinzième partie de feu secret ou sel double.
Le Bréviaire, Flamel
« Aviseras en abord prendre l'aîné du prime fils enfant de Saturne qui n est mie le vulgal 9 parts, du sabre calybé du dieu guerrier 4 parts. Fais iceux rougir en un creuset, quand sera rougi fondant jette les 9 de Saturne que je t'ai dit, dedans, lors celui-ci soudain mangera l'autre : nettoie bellement des ordures fécales venant a mont de la Saturnie avec salpêtre et tartre a quatre ou cinq reprises que sera bon quand verras un signe astral dessus le régule en mode d'étoile »
Comme vous pouvez le voir, Flamel était beaucoup plus charitable que Fulcanelli dans la description des rapports des sujets et de la composition du fondent combinant deux sels (lun étant le salpêtre et l'autre le sel de tartre ou le sel végétal du vin).
Pg. 265. « Or, nos deux principes, dont l'un porte la croix et l'autre la lance qui lui percera le flanc, son une image, un reflet de la Passion du Christ. De même que Lui, s'ils doivent ressusciter dans un nouveau corps, net, glorieux, spiritualisé, il leur faut ensemble gravir leur calvaire, endurer les tourments du feu et mourir la lente agonie, à issue d'un âpre combat. »
Dans ce texte, Fulcanelli décrit sommairement les sujets ou les deux principes, lun deux est formé dune croix (le globe crucifère) et l'autre dune lance (le chevalier armé de la lance et du bouclier) qui lui pénétrera le flanc. Dans la bataille entre ces deux principes, et sous les tourmentes du feu renaîtra un nouveau corps glorieux et spiritualisé qui est le régule étoilé ou notre mercure, qui sera plus tard épuré au moins trois fois.
L'Etoile
Pg.44 II. «Nous avons dit précédemment que le caractère extérieur, permettant l'identification certaine de cette eau, est une figure étoilée et rayonnante que la coagulation faisait apparaître à sa surface. Ajoutons que la signature astrale du mercure, ainsi qu'il est d'usage de nommer l'empreinte en question, s'affirme avec d'autant plus de netteté et de vigueur que l'animation progresse et s'avère plus complète. »Pg.196. « Et l'étoile terrestre, flambeau occulte de notre Nativité, sera la marque probatoire de l'heureuse union du ciel et de la terre ou, comme l'écrit Philalèthe, de «l'union des vertus supérieures dans les choses inférieures. »
Pg.313. «Or, en utilisant la voie sèche, représentée par le chemin terrestre que suit, au départ, notre pérégrin ou parvient à exalter peu à peu la vertu diffuse et latente, transformant en activité ce qui n'était qu'en puissance. L'opération est achevée lorsque paraît à la surface une étoile brillante, formée de rayons émanant d'un centre unique, prototype des grandes rosés de nos cathédrales gothiques. C'est là le signe certain que le pèlerin est parvenu heureusement au terme de son premier voyage. »Le texte est très clair et n'a besoin d'aucune explication. Fulcanelli s'est clairement référé à l'étoile qui apparaît à la surface du régule étoilée ou mercure après les purifications.
Pour un alchimiste expérimenté qui a travaillé cette voie, au moins jusquaux Aigles, il est facile de percevoir que le Maître omet le modus operandi des Purifications. Cest de ces purifications que le vitriol philosophique ou le lion vert surgît permettant ainsi le processus des Aigles ou Sublimations.
Nous avons cherché en vain dans la totalité du livre, avec l'espoir de trouver un texte qui décrive symboliquement cette opération, mais nous ne l'avons pas trouvé. Il se pourrait quil ait échappé à notre examen minutieux. Même dans ce cas, vous deviez savoir qu'après la séparation, suivront les purifications mercuriales en vue de réaliser le mercure ou régule martiale, encore plus pur et obtenir le précieux vitriol philosophique. En cette opération l'étoile apparaîtra clairement, signifiant, comme Fulcanelli nous le dit, le succès de cette opération.
Après les purifications mercuriales suivent les Aigles ou Sublimations, considéré comme le Deuxième uvre, avec pour but la réalisation du Rémora qui est le Troisième uvre de la voie sèche de l'antimoine.
Les Aigles
Pg.393 II. « La longue opération qui permet de réaliser l'empâtement progressif et la fixation finale du mercure, offre une grande analogie avec les traversées maritimes et les tempêtes qui les accueillent. C'est une mer agitée et houleuse que présente en petit l'ébullition constante et régulière du compost hermétique. Les bulles crèvent à la surface et se succèdent sans cesse; de lourdes vapeurs chargent l'atmosphère du vase; les nuées troubles, opaques, livides, obscurcissent les parois, se condensent en gouttelettes ruisselant sur la masse effervescente. »
Pg.149 II. « Ce phénomène d'absorption et de coagulation du mercure par une proportion très inférieure de soufre semble être la cause première de la fable du rémora, petit poisson auquel l'imagination populaire et la tradition hermétique attribuaient la faculté d'arrêter dans leur marche les plus grands navires. »
Les Sublimations ou les aigles sont une opération de raffinage effectuée à une température stable environ de 500º C qui exige beaucoup de dextérité et la compétence de l'artiste. Fulcanelli approche cette opération très synthétiquement mais, cependant, il dit que le rapport du soufre avec le mercure est de moins que un, mais il omet de dire quel sel est employé dans cette opération. Canseliet dans son livre L'Alchimie Expliquée Sur Ses Textes Classiques est plus charitable et nous indique que le sel utilisé dans cette opération est le vitriol ou le lion vert extrait à partir des purifications Mercuriales.
Avancer plus dans cette explication soulèverait le voile de cette opération complexe qui nous a arrêté pendant quelques années en raison de mauvaises conditions de travail inhérentes à un laboratoire peu approprié.
La Rémore
Pg. 229-230. « C'est aussi, selon la version du Cosmopolite, le poisson sans os, échénéis ou rémora «qui nage dans notre mer philosophique», et à propos duquel Jean-Joachim d'Estinguel d'Ingrofont assure que « possédant une fois le petit poisson nommé Rémora, qui est très rare, pour ne pas dire unique dans cette grande mer, vous n'aurez plus besoin de pêcher, mais seulement de songer à la préparation, à l'assaisonnement et à la cuisson de ce petit poisson ». Et, bien qu'il soit préférable de ne point l'extraire du milieu qu'il habite, - lui laissant au besoin assez d'eau pour entretenir sa vitalité, - ceux qui eurent la curiosité de l'isoler purent contrôler l'exactitude et la véracité des affirmations philosophiques. C'est un corps minuscule, - eu égard au volume de la masse d'où il pro vient, - ayant l'apparence extérieure d'une lentille biconvexe, souvent circulaire, parfois elliptique. D'aspect terreux plutôt que métallique, ce bouton léger, infusible mais très soluble, dur, cassante, friable, noir sur une face, blanchâtre sur l'autre, violet dans sa cassure, a reçu des noms divers et relatifs à sa forme, à sa coloration ou à certaines particularités chimiques. »
Fulcanelli décrit ici les caractéristiques du Rémora qui est la part finale du Troisième uvre. Beaucoup d'artistes ont échoué dans cette étape finale de la coction, Canseliet inclus.
Comme nous nous sommes arrêtés aux Aigles, nous ne pourrons pas faire de la suite un commentaire honnête découlant du résultant de notre expérience.
En conclusion, Fulcanelli nous a décrit les caractéristiques physico-chimiques de la Pierre Philosophale. Nous ne pouvons pas honnêtement confirmer sil a décrit ces caractéristiques parce qu'il a réellement obtenu la pierre et peut ainsi parler de son expérience ou s'il se réfère à la description contenue dans dautres traités d'alchimie.
La Pierre philosophale
Pg. 182-183. « Laissons donc de côté ces procédés et ces teintures. Ce qui importe surtout, c'est de retenir que la pierre philosophale s'offre à nous sous la forme d'un corps cristallin, diaphane, rouge en masse, jaune après pulvérisation, lequel est dense et très fusible, quoique fixe à toute température, et dont les qualités propres le rendent incisif, ardent, pénétrant, irréductible et incalculable. Ajoutons qu'il est soluble dans le verre en fusion, mais se volatilise instantanément lorsqu'on le projette sur un métal fondu. Voilà, réunies en un seul sujet, des propriétés physico-chimiques qui l'éloignent singulièrement de la nature métallique et en rendent l'origine fort nébuleuse. Un peu de réflexion nous tirera d'embarras. Les maîtres de l'art nous apprennent que le but de leurs travaux est triple. Ce qu'ils cherchent à réaliser en premier lieu, c'est la Médecine universelle, ou pierre philosophale proprement dite. Obtenue sous forme saline, multipliée ou non, elle n'est utilisable que pour la guérison des maladies humaines, la conservation de la santé et l'accroissement des végétaux. Soluble dans toute liqueur spiritueuse, sa solution prend le nom d'Or potable (bien qu'elle ne contienne pas le moindre atome d'or), parce qu'elle affecte une magnifique couleur jaune. Sa valeur curative et la diversité de son emploi en thérapeutique en font un auxiliaire précieux dans le traitement des affections graves et incurables. Elle n'a aucune action sur les métaux, sauf sur l'or et l'argent, avec lesquels elle se fixe et qu'elle dote de ses propriétés, mais, conséquemment, ne sert de rien pour la transmutation. Cependant, si l'on excède le nombre limite de ses multiplications, elle change de forme et, au lieu de reprendre l'état solide et cristallin en se refroidissant, elle demeure fluide comme le vif-argent et absolument incoagulable. Dans l'obscurité, elle brille alors d'une lueur douce, rouge et phosphorescente, dont l'éclat reste plus faible que celui d'une veilleuse ordinaire. La Médecine universelle est devenue la Lumière inextinguible, le produit éclairant de ces lampes perpétuelles, que certains auteurs ont signalées comme ayant été trouvées dans quelques sépultures antiques. Ainsi radiante et liquide, la pierre philosophale n'est guère susceptible, à notre avis, d'être poussée plus loin; vouloir amplifier sa vertu ignée nous semblerait dangereux; le moins que l'on pourrait craindre serait de la volatiliser et de perdre le bénéfice d'un labeur considérable. Enfin, si l'on fermente la Médecine universelle, solide, avec l'or ou l'argent très purs, par fusion directe, on obtient la Poudre de projection, troisième forme de la pierre. C'est une masse translucide, rouge ou blanche selon le métal choisi, pulvérisable, propre seulement à la transmutation métallique. Orientée, déterminée et spécifiée au règne minéral, elle est inutile et sans action pour les deux autres règnes. »
Nous avons déjà vu une photographie de la pierre de philosophale dans le Dictionaire de Philosophie Alchimique de Kamala Jnana, elle a des caractéristiques physiques comparables à celle décrite par Fulcanelli dans son texte.
Dans ce texte, il parle " des influences extérieures " appropriées pour l'exécution de la voie sèche de lantimoine aussi bien que pour d'autres voies alchimiques. Dans le texte suivant Fulcanelli et son disciple Canseliet, décrivent brièvement ce que nous pouvons prendre comme étant des conditions ou des influences extérieures sur les opérations alchimiques. Pour votre information nous pouvons vous dire que probablement ce sont ces influences externes défavorables qui ont contribué à léchec de Canseliet dans sa réalisation du Grand uvre lors de la phase de la coction finale du Rémora cest à dire la fin du Troisième uvre.
Les Influences extérieures
Pg.129. « Pour les alchimistes, les esprits sont des influences réelles, quoique physiquement presque immatérielles ou impondérables. Ils agissent d'une manière mystérieuse, inexplicable, inconnaissable mais efficace, sur les substances soumises à leur action et préparées pour les recevoir. Le rayonnement lunaire est l'un de ces esprits hermétiques. »
Pg.196. « Quoi qu'il en soit, et afin de satisfaire, dans la mesure du possible, la légitime curiosité des chercheurs, nous dirons que, sans la concordance absolue des éléments supérieurs avec les inférieurs, notre matière, dépourvue des vertus astrales, ne peut être d'aucune utilité. »
Pg.49. « Rien que pour la détection du rayonnement ultraviolet, quels appareils, quelles techniques, compliqués infiniment, en dehors des récepteurs chimiques, sous les auspices de l'électricité l Ainsi, dans les laboratoires de physico-chimie, a-t-on pu reconnaître que, parmi les sources sidérales du rayon à la fois invisible et chimique, se place le firmament nocturne qui, par temps clair et serein, irradie puissamment au sein du fluide violet. Sans doute reste-t-il possible d'imaginer, jusqu'où arrivent à changer, la nature et le comportement du rayon qui frange le spectre à son extrémité obscure et froide, quand, parti du soleil, il parvient sur la terre, après avoir subi les effets de la lune. Oui, c'est alors que, nonobstant l'habileté qu'ils requièrent, les « tours de mains-si de l'alchimiste apparaissent de cette grande et surprenante simplicité, propre toujours aux phénomènes de la Nature. »
Certains studieux de Fulcanelli se sont interrogés afin de savoir si le maître (Jean-Julien Champagne) avait réalisé le Grand uvre. Geneviève Dubois, dans son livre Fulcanelli Dévoilé, nous dit que non. Champagne serait mort sans matérialiser le rêve d'une vie: la Pierre Philosophale. Cela serait aussi vrai pour Pierre Dujols.
Cependant, dans le livre Fulcanelli de Patrick Rivière, Editions de Vecchi, il est dit que Canseliet, a réalisé une transmutation du plomb en or, à l'usine de gaz de Sarcelles, daprès les instructions de son maître, procédant à partir du particulier de Vigenère et non pas à laide de la Pierre des Philosophes.
Dans ce même livre il dit qua cette époque Fulcanelli, n'avait toujours pas acquis la Pierre Philosophale, et qu'il l'a finalement matérialisée dans le secret absolu, ayant fini la dernière Multiplication et la Grande Coction durant lannée de 1922. Il a par conséquent décidé d'effectuer la transmutation du vil métal en or comme la tradition lexige. Il dit que le succès était incontestable et donc il a décidé de répéter l'expérience en présence de témoins privilégiés tels que Eugène Canseliet, Jean-Julien Champagne et un alchimiste ami Gaston Sauvage. Cette projection a été également faite à l'usine de gaz de Sarcelles.
Fulcanelli, Patrick Rivière pg. 39-40. « Au cours de l'année 1920, Eugène Canseliet entra comme employé à la comptabilité de l'usine à Gaz de Sarcelles. La compagnie Georgi lui laissait un petit local à l'étage, où il emménagea. Il y installa un modeste laboratoire, où il pouvait se livrer à loisir à toutes sortes d'opérations alchimiques. C'est là qu'il réalisa l'année suivante, sur les recommandations du maître, de toute évidence, la résolution d'un processus plus archimique que alchimique, envisagé par l'ancien auteur du Traité du feu et du sel, Biaise de Vigenère, et fondé sur la surfusion du plomb vulgaire. Il mena à son terme ce « petit particulier » et déboucha sur un réel succès qui réjouit et combla d'aise Fulcanelli.
On ne saurait concevoir [écrivit le jeune disciple], avant qu 'on l'eût expérimenté, le changement profond que provoquent, dans la composition des corps apparemment simples, la lente digestion, la fusion prolongée. Bien que leur structure interne et leur aspect extérieur paraissent n'avoir pas sensiblement changé, on s'aperçoit très vite, au cours des opérations subséquentes, combien au vrai, ils se sont chimiquement modifiés. Méthode toute simple, mais conforme à l'exemple donné par la Nature, ainsi qu'aux règles du Grand Art, qui rend particulièrement facile l'extraction du mercure spécifique de Saturne... (in Alchimie, Eugène Canseliet, éditions J.-J. P'ouvert, Paris.)
Entre-temps, l'amour aidant, le jeune homme avait épousé Raymonde Gaillard, Parisienne âgée de dix-neuf ans, qui lui donna un fils la même année, un mois après le décès de son père. Un divorce survint par la suite et, malheureusement, son fils Henri devait succomber tragiquement d'une méningite sept ans plus tard. Pendant ce temps, Fulcanelli, qui jusqu'alors n'avait pas encore obtenu la pierre philosophale, finissait d'élaborer le Grand uvre, dans le secret le plus absolu de sa retraite parisienne. Ayant terminé dans le courant de l'année 1922 l'ultime multiplication consécutive à la grande coction, il décida d'effectuer la fameuse transmutation finale du métal vil en or ainsi que la tradition l'exige. Le succès s'avéra alors incontestable et il décida de renouveler l'expérience en présence de témoins privilégiés, son disciple Eugène Canseliet, Jean-Julien Champagne et un ami chimiste, Gaston Sauvage, qui travaillait chez Rhône-Poulenc. La projection devait avoir lieu à l'usine à Gaz de Sarcelles, dans la chambre du jeune disciple aménagée en modeste laboratoire. C'est d'ailleurs à ce dernier qu'allait en être confiée la réalisation, sous les directives du maître. La petite cheminée bénéficiait d'un excellent tirage au sein de ce petit laboratoire de fortune. Fulcanelli sortit alors d'un étui trois petits fragments rubescents qu'Eugène Canseliet entoura de cire et qu'il projeta dans le plomb en fusion au sein du creuset. Au bout de quelques instants, il opéra la coulée dans la lingotière prévue à cet effet : l'or était du plus bel éclat ! La transmutation se trouvait parfaitement réussie, dans l'émotion la plus intense ressentie par le jeune disciple telle qu'on n'éprouve pas grand-peine à l'imaginer...
À partir de ce moment-là, le maître se retira. Il choisit de s'effacer, respectant en cela la tradition perpétrée avant lui par de nombreux Adeptes de la science hermétique. »
Cette histoire, décrite par Patrick Rivière dans son livre Fulcanelli, semble très étrange. Même en admettant que Fulcanelli n'était pas Jean-Julien Champagne et si Canseliet était le disciple "aimé" de Fulcanelli, pourquoi n'a-t-il pas réalisé le Grande uvre? Un maître ne cacherait certainement pas à son disciple préféré le secret du Grand uvre ou quelques petits détails pour sa concrétisation finale.
En résumé, nous dirons que dans les Fulcanelli on a omis quelques opérations très importantes de la voie sèche de l'antimoine, telles que la premier qui est la Purge suivie de l'Assation. Cest seulement après ces opérations préliminaires que lon peut mettre en train la phase de la Séparation.
C'est ici, Ami et Frères de l'Art, la description symbolique de la voie sèche de l'antimoine réalisée par Fulcanelli dans Les Demeures Philosophales. Seulement quelques alchimistes seront capables de laccomplir dans son ordre approprié, car cela exigerait qu'ils aient déjà au moins l'expérience du Deuxième uvre.
Comme nous lavons dit au commencement, Fulcanelli, dans Les Demeures Philosophales, privilégie le symbolisme au détriment de la pratique, et est donc, propice aux prétendues " spéculations philosophiques " de ceux qui ont l'intention de donner à ses textes des interprétations spécieuses qui n'ont rien à faire avec la réalité alchimique.
Rubellus Petrinus